Les taux d'intérêt négatifs subsisteront encore longtemps. Économiquement, ils sont suicidaires. Tout d'abord, parce qu'ils ne compensent plus les risques courus. Ensuite, parce qu'ils mettent en danger des pans entiers du secteur financier. Des institutions telles que les fonds de pension, les caisses d'épargne ou les compagnies d'assurance vivent du produit des rentes. Si ces dernières disparaissent, ces institutions feront de même, entraînant d'autres pans à leur suite et engendrant une dépression économique.
...

Les taux d'intérêt négatifs subsisteront encore longtemps. Économiquement, ils sont suicidaires. Tout d'abord, parce qu'ils ne compensent plus les risques courus. Ensuite, parce qu'ils mettent en danger des pans entiers du secteur financier. Des institutions telles que les fonds de pension, les caisses d'épargne ou les compagnies d'assurance vivent du produit des rentes. Si ces dernières disparaissent, ces institutions feront de même, entraînant d'autres pans à leur suite et engendrant une dépression économique.Les taux d'intérêt négatifs disloquent en outre le marché des produits dérivés. En soi, ce n'est pas une si mauvaise nouvelle, ce marché servant essentiellement à la spéculation. Mais elle complique la vie de tous ceux qui utilisent ces produits pour couvrir toutes sortes de risques. Ils devront se rabattre sur d'autres produits.Les taux d'intérêts négatifs proviennent de deux phénomènes fondamentaux qui agissent indépendamment l'un de l'autre. Le premier résulte de la politique monétaire menée actuellement. Les assouplissements récurrents ont poussé les banques et leurs divers fonds de placement à amasser des emprunts d'État. Ce qui a évidemment occasionné la chute de leur rendement. Seuls les endettés profitent de cette aubaine.La seconde raison est sans conteste plus décisive et concerne la méfiance. La politique monétaire actuelle vise à redresser le secteur bancaire pour lui permettre de relancer l'économie. Cette politique a failli partout. Il y a aujourd'hui beaucoup trop d'argent en circulation. Argent qui trouvera tôt ou tard son chemin vers l'économie réelle et engendrera une inflation explosive. Les autorités monétaires sont parfaitement conscientes du danger et prennent déjà des mesures: l'abolition de la monnaie fiduciaire. La Banque centrale européenne (BCE) a d'ailleurs fait le premier pas en retirant les billets de 500euros de la circulation sous prétexte de combattre la fraude.De nos jours, toute transaction se paie par le biais d'argent scriptural. Si l'on ne possède pas de compte en banque, on ne sait plus rien faire. Les banques sont peu solvables et peuvent bloquer l'accès aux comptes courants dès qu'elles rencontrent des difficultés financières. Et ce, avec l'assentiment des autorités, comme on l'a vu récemment à Chypre et en Grèce.Pour éviter un tel désagrément, nombre d'investisseurs préfèrent les emprunts d'État à l'argent scriptural. Les emprunts étant facilement négociables, ils s'y substituent très bien. Les taux négatifs sont considérés comme une prime d'assurance, à comparer aux frais de location d'un coffre-fort. Les autorités ne sont certes pas en reste pour contrecarrer cette nouvelle tendance. La BCE rafle systématiquement l'essentiel des titres disponibles par ses achats dans le cadre de son assouplissement monétaire. Il s'ensuit que le marché rétrécit et que les prix deviennent moins stables. Il n'empêche que nous préférons toujours un emprunt d'État à un compte bancaire.