L'économie norvégienne dépend énormément du secteur pétrolier et gazier, à la fois le plus grand secteur exploiteur et le plus grand employeur du pays. L'effondrement du cours du pétrole a dès lors frappé le pays de plein fouet. Le PIB norvégien s'est contracté d'un demi-pour cent au troisième trimestre 2016, après une croissance nulle au deuxième trimestre. Cette baisse est notamment imputable au recul des investissements dans le secteur pétrolier et gazier. Le reste de l'économie a enregistré une croissance de 0,2%.
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L'économie norvégienne dépend énormément du secteur pétrolier et gazier, à la fois le plus grand secteur exploiteur et le plus grand employeur du pays. L'effondrement du cours du pétrole a dès lors frappé le pays de plein fouet. Le PIB norvégien s'est contracté d'un demi-pour cent au troisième trimestre 2016, après une croissance nulle au deuxième trimestre. Cette baisse est notamment imputable au recul des investissements dans le secteur pétrolier et gazier. Le reste de l'économie a enregistré une croissance de 0,2%. Étonnamment, la couronne norvégienne enregistre un gain de 6% face à l'euro depuis le début cette année. Celui-ci est imputable aux divergences stratégiques entre les Banques centrales norvégienne et européenne. Malgré le ralentissement de la croissance, la Banque centrale norvégienne n'a plus modifié son taux à court terme (0,5%) depuis mars, de peur d'alimenter la bulle immobilière norvégienne en réduisant le coût du crédit. La Banque centrale européenne, en revanche, a considérablement assoupli sa politique dans le courant de l'année 2016. Le récent redressement des cours du pétrole a également été favorable à la couronne norvégienne. Après une année 2016 faiblarde, la Banque centrale norvégienne prévoit une croissance de 1% en 2017. La contraction des investissements dans le secteur pétrolier et gazier devrait prendre fin, et la dépréciation de la couronne a amélioré la compétitivité des entreprises exportatrices. La forte hausse des prix immobiliers est cependant un motif d'inquiétude. L'endettement des ménages norvégiens a en effet beaucoup augmenté au moment où la crise dans le secteur pétrolier et gazier renvoyait le chômage à son plus haut niveau depuis 2005 (4,8%). Un effondrement des prix immobiliers pourrait peser sur la consommation intérieure - un des piliers de l'économie jusqu'à présent. Notre motif d'inquiétude est la sortie imminente du Royaume-Uni du marché unique européen. Les États membres de l'Union européenne sont les principaux partenaires commerciaux de la Norvège, le Royaume-Uni - qui représente 19% des exportations norvégiennes - en tête. Vu le poids du secteur pétrolier et gazier (64% des exportations), l'évolution de la couronne norvégienne est étroitement liée à celle des cours du pétrole. Ses performances face à l'euro dépendent également de la force (ou de la faiblesse) de ce dernier. Un regain d'incertitudes politiques dans la zone euro à la suite des élections en France, en Allemagne et aux Pays-Bas pourrait à nouveau soulever des questions concernant l'avenir de l'euro. Cela entraînerait une appréciation de la monnaie norvégienne, sauf si un refroidissement du marché immobilier en Norvège minait la confiance dans l'économie norvégienne - et la couronne.