L'Australie célèbre un quart de siècle de croissance économique ininterrompue. Sa croissance annuelle moyenne s'élève à près de 3% depuis 1992. Le pays doit cette excellente performance à ses énormes réserves de matières premières (charbon, minerai de fer, uranium...), dont la Chine est le principal acquéreur. Mais ce n'est pas tout : il est aussi un grand exportateur de produits agricoles, sa consommation intérieure est dynamique, les ménages sont peu endettés et le secteur financier est éminemment stable.
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L'Australie célèbre un quart de siècle de croissance économique ininterrompue. Sa croissance annuelle moyenne s'élève à près de 3% depuis 1992. Le pays doit cette excellente performance à ses énormes réserves de matières premières (charbon, minerai de fer, uranium...), dont la Chine est le principal acquéreur. Mais ce n'est pas tout : il est aussi un grand exportateur de produits agricoles, sa consommation intérieure est dynamique, les ménages sont peu endettés et le secteur financier est éminemment stable. La Reserve Bank of Australia (RBA) maintient son taux directeur au niveau historiquement bas de 1,50% depuis août 2016. Elle est confrontée à un dilemme. D'une part, le marché immobilier présente des signes de surchauffe et les crédits interest only, qui autorisent les emprunteurs à ne payer que les intérêts, pas le capital, pendant plusieurs années, font l'objet d'une popularité croissante. La RBA pourrait lutter contre cette tendance en relevant son taux directeur... si cette atonie n'était pas souhaitable sur un autre front. L'Australie veut en effet réduire sa dépendance à l'industrie minière et se concentrer davantage sur les services. Or la croissance du secteur laisse pour l'heure à désirer : une nouvelle baisse des taux serait donc la bienvenue de ce côté. L'Australie dispose d'un système financier extrêmement robuste. Sa dette publique est très faible (moins de la moitié du produit intérieur brut). Le triple A attribué au pays lui permet donc d'emprunter à d'excellentes conditions. Les prix des matières premières resteront sans doute élevés l'an prochain, ce qui, aussi longtemps que l'économie chinoise continuera à enregistrer une croissance soutenue, sera favorable aux résultats des exportations. Pour 2018, la RBA table sur une nouvelle accélération de la croissance, qui pourrait même dépasser le rythme atteint ces dernières années (3%). L'heure est donc à l'optimisme. Tout nouveau relèvement de taux aux Etats-Unis, fût-il léger, en 2018, priverait le dollar australien d'une partie de ses avantages de taux, ce qui pourrait le faire reculer quelque peu. Mais même dans ce cas de figure, une obligation libellée en AUD rapporterait toujours 2% de plus environ qu'un titre identique en dollar américain. D'une manière générale, nous restons positifs vis-à-vis de cette devise. Tous les signaux sur le marché de l'emploi sont au vert, et tant l'industrie minière que l'activité industrielle sont florissantes. L'inflation reste légèrement inférieure aux 2% visés par la RBA. Le dollar australien a digéré son bref accès de faiblesse d'il y a quelques mois. La plupart des experts en devises prévoient donc peu de changements dans la manière dont il évoluera face à l'euro en 2018.