Compte tenu des faits (baisse continue de l'inflation au sein de la zone euro), mais également conformément à ses commentaires précédents, Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, n'avait d'autre choix que celui d'intervenir fermement. C'est donc ce qu'il a fait. De nombreux commentateurs ont utilisé le terme " historique " pour décrire l'événement. Ils font référence notamment au taux de dépôt négatif. Les banques qui parquent des capitaux à la BCE devront en effet payer pour le faire désormais. Cette première mesure vise à inciter les organismes financiers à être plus actifs dans l'octro...

Compte tenu des faits (baisse continue de l'inflation au sein de la zone euro), mais également conformément à ses commentaires précédents, Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, n'avait d'autre choix que celui d'intervenir fermement. C'est donc ce qu'il a fait. De nombreux commentateurs ont utilisé le terme " historique " pour décrire l'événement. Ils font référence notamment au taux de dépôt négatif. Les banques qui parquent des capitaux à la BCE devront en effet payer pour le faire désormais. Cette première mesure vise à inciter les organismes financiers à être plus actifs dans l'octroi de crédits. Mais ce n'est pas tout ! La période pendant laquelle les banques pourront emprunter de manière illimitée a du reste été allongée de mi-2015 à fin 2016. Autre élément de la stratégie choc de Draghi : le 'TLTRO'. Les banques peuvent emprunter pour environ 400 milliards EUR à plus long terme (2018), mais à la condition que ces capitaux servent à octroyer des crédits aux entreprises et aux ménages. La BCE va également commencer à préparer l'achat de crédits reconditionnés.Ces mesures sont impressionnantes. Et pourtant, sur les marchés financiers, les répercussions ne furent pas énormes. Les Bourses ont certes pris de la hauteur mais n'ont pas connu une séance historique comme on aurait pu s'y attendre, et l'euro a même terminé la journée en hausse face au dollar américain. Or l'un des principaux objectifs de ces mesures était précisément de faire baisser la valeur de l'euro pour améliorer la position concurrentielle des sociétés exportatrices européennes et surtout relancer l'inflation. Cette réaction de marché plutôt molle est liée à l'anticipation de la décision de taux par le marché, mais aussi au constat que les maisons de Bourse américaines et anglo-saxonnes n'ont cette fois pas été impressionnées par l'arsenal de Draghi. Pour ces dernières, ce que la BCE allait décider était évidemment important, mais ce qu'elle n'allait pas décider l'était tout autant. Et en l'occurrence, la BCE n'a pas annoncé le rachat d'obligations d'Etat et/ou d'entreprises. Pas de Quantitative Easing (QE) donc, contrairement à ce que la Federal Reserve (Fed), la Bank of England ou encore la Bank of Japan ont déjà l'habitude de faire.Quoi qu'il en soit, les banques centrales, et donc plus particulièrement encore désormais la BCE, espèrent décourager l'épargne et donc stimuler la consommation et les investissements. Le risque n'est pas très grand, autrement dit, pour les marchés boursiers. Ce n'est pas une raison, évidemment, pour acheter tout et n'importe quoi n'importe quand. Car le fait qu'aujourd'hui encore - près de 6 ans après l'éclatement de la crise financière -, les banques centrales doivent toujours intervenir, démontre clairement que la situation des économies occidentales n'est pas encore au beau fixe.En d'autres termes : restez sélectifs dans vos investissements. Concentrez-vous sur la stabilité/le potentiel d'augmentation des dividendes, observez les valorisations, mais exploitez les corrections intermédiaires.