L'argent appartient à la famille des métaux précieux, mais dans ses applications, il s'agit plutôt d'un métal industriel. L'agence Metals Focus a calculé récemment que la demande industrielle d'argent avait augmenté cette année de 3,1%, à 502 millions d'onces troy, ce qui représente plus de la moitié de la consommation d'argent. Pour autant, l'argent ne bénéficie pas du même élan d'optimisme témoigné à l'égard des métaux de base. Le prix du cuivre a atteint fin octobre son plus haut niveau en trois ans. Le métal rouge a déjà connu cette année une a...

L'argent appartient à la famille des métaux précieux, mais dans ses applications, il s'agit plutôt d'un métal industriel. L'agence Metals Focus a calculé récemment que la demande industrielle d'argent avait augmenté cette année de 3,1%, à 502 millions d'onces troy, ce qui représente plus de la moitié de la consommation d'argent. Pour autant, l'argent ne bénéficie pas du même élan d'optimisme témoigné à l'égard des métaux de base. Le prix du cuivre a atteint fin octobre son plus haut niveau en trois ans. Le métal rouge a déjà connu cette année une augmentation de près de 25 %. Le zinc affiche aussi une hausse de plus de 20%. Le rendement de l'argent est quant à lui plutôt chiche en comparaison : la hausse de 5% de son prix en dollar donne même une image mitigée du fait de la baisse de la devise américaine. En euro, le rendement est négatif depuis le début de l'année (-5%).La hausse de prix de la plupart des métaux de base est due à l'augmentation de la demande, combinée à une baisse de l'offre. Ce dernier élément est aussi vrai pour l'argent. Toujours selon Metals Focus, l'offre de la production minière devrait baisser cette année de 3,5%, à 857 millions d'onces troy. Pour autant, l'argent en profite peu. Son statut de métal précieux joue en sa défaveur. La perspective de taux en hausse aux Etats-Unis tient du reste le prix de l'or sous son joug. L'argent n'est toutefois pas seulement à la traîne par rapport aux métaux de base, il l'est aussi par rapport à l'or. Le rendement de l'or, à 10%, est deux fois plus élevé que celui de l'argent. Ce dernier est visiblement peu apprécié des investisseurs. Ainsi est-il notable que l'afflux de fonds à titre d'investissement dans les trackers investissant en argent physique a baissé à son plus faible niveau en cinq mois. Dans le cas de l'or, la quantité de métal physique sous gestion n'a plus été aussi élevée en près d'un an. Le ratio or/argent évolue depuis juin dans un canal très étroit de 75 à 78. La moyenne de la décennie écoulée s'élève à 63.Nous estimons assez faible la probabilité que le prix de l'argent baisse. Autrement dit, ce dernier intègre déjà un grand nombre de mauvaises nouvelles. Nous conseillons aux investisseurs désireux de miser sur une hausse du prix de l'argent au travers de produits à levier (turbos et assimilés) de redoubler de prudence. On peut envisager une marge de sécurité d'au moins 15% jusqu'à la barrière désactivante. Parmi les trackers investissant en argent physique, l'iShares Silver Trust (ticker SLV) est incontournable. Le 27 octobre dernier, il avait 320,3 millions d'onces troy ou 9.961 tonnes d'or sous gestion. L'ETFS Physical Silver Shares (SIVR) est de plus petite envergure mais sa commission de gestion est inférieure (0,3% contre 0,5% pour SLV).