Ce n'est pas un scoop : ces dernières années, les métaux précieux n'ont pas particulièrement brillé sur les marchés financiers, une évolution qui contraste nettement avec celle qui avait prévalu la décennie précédente. Dans le cadre de notre regain d'intérêt pour les métaux précieux, nous nous étions jusqu'ici concentrés sur l'évolution favorable que nous attendons de l'or, sur fond de contexte boursier turbulent. Cette nervosité des marchés financiers résulte à son tour des craintes soulevées par le ralentissement de l'économie mondiale, malgré l'intervention massive des banques centrales ces dernières années et encore récemment. Les opérateurs craignent en effet que ...

Ce n'est pas un scoop : ces dernières années, les métaux précieux n'ont pas particulièrement brillé sur les marchés financiers, une évolution qui contraste nettement avec celle qui avait prévalu la décennie précédente. Dans le cadre de notre regain d'intérêt pour les métaux précieux, nous nous étions jusqu'ici concentrés sur l'évolution favorable que nous attendons de l'or, sur fond de contexte boursier turbulent. Cette nervosité des marchés financiers résulte à son tour des craintes soulevées par le ralentissement de l'économie mondiale, malgré l'intervention massive des banques centrales ces dernières années et encore récemment. Les opérateurs craignent en effet que la politique monétaire extrêmement accommodante n'ait désormais que peu d'effets, voire plus aucun.Le prix de l'or, qui s'était hissé de 250 à 1900USD l'once (28,35grammes) entre 2001 et 2011, a reculé à un nouveau plancher (temporaire?) de 1050USD à la fin de l'an dernier. Ce qui représente un plongeon de 45%. Les investisseurs ont boudé le métal jaune. Qu'en est-il cependant de l'argent ? Depuis son sommet proche de 50USD l'once, début 2011, le repli a dépassé les 70% : en décembre, un plancher s'est formé sous 14USD. Depuis lors, l'argent s'est redressé de plus de 10%, ce qui reste cependant inférieur à la progression du cours de l'or.L'argent est toujours comparable aujourd'hui à l'or, mais avec un effet de levier, tant à la hausse qu'à la baisse. En plus de la couverture qu'il offre contre le risque, l'argent a une longue série d'applications industrielles. Les perspectives de croissance moins favorables pour l'économie mondiale en général et les marchés émergents en particulier ont également impacté la demande industrielle d'argent.Ce qui explique que le ratio or/argent, qui reflète la quantité d'onces d'argent nécessaires à l'achat d'une once d'or, se situe à un très haut niveau. Au sommet de cours en 2011, ce ratio s'établissait à 38, alors qu'aujourd'hui nous en sommes à 81. Ce niveau, proche d'un record historique, ne s'est présenté qu'à cinq reprises au cours des vingt dernières années. Si l'or exprimé en actions est relativement bon marché (ratio Dow/or à 16, contre 5 en 2011), l'argent est extrêmement bon marché aujourd'hui. Le passé nous apprend par ailleurs que ce ratio or/argent ne reste jamais très élevé pendant plus de quelques années. Nous sommes donc partis en quête d'actions liées à l'argent ayant connu une forte baisse. Il y a l'embarras du choix, mais ces dernières années, nous avons systématiquement mis en avant deux valeurs de ce secteur. Selon nous, la meilleure valeur minière est Pan American Silver (ticker PAAS, lire en rubrique Actions américaines). PAAS gère sept mines opérationnelles en Amérique du Nord et du Sud, et se démarque par la grande qualité de ses mines et son bilan solide, qui a toujours permis le versement d'un dividende.En outre, Silver Wheaton (ticker SLW), société de royalties ou streaming, a des contrats avec vingt mines opérationnelles et gagne de l'argent sur la production réalisée. Ce groupe est comparable à Franco-Nevada, dont l'accent est placé sur l'or. La baisse du prix de l'argent a permis à l'entreprise de signer de juteux contrats ces dernières années. Seule ombre au tableau : le groupe est en litige avec le fisc canadien au sujet de la comptabilisation de gains sur les contrats de filiales étrangères.