Le " continent noir " souffre en effet d'un grave déficit d'image. Mais cette mauvaise réputation est clairement injustifiée pour de nombreux pays africains à l'aune du parcours qu'ils ont accompli ces cinq dernières années, voire au cours de la décennie écoulée.
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Le " continent noir " souffre en effet d'un grave déficit d'image. Mais cette mauvaise réputation est clairement injustifiée pour de nombreux pays africains à l'aune du parcours qu'ils ont accompli ces cinq dernières années, voire au cours de la décennie écoulée.En mai 2000, The Economist titrait encore : " L'Afrique, continent sans espoir ". Récemment, les Britanniques ont revu leur jugement en faisant leur Une sur la croissance de l'Afrique. Et d'autres médias de leur embrayer le pas. Car les chiffres objectifs sont implacables. Le FMI et la Banque mondiale ont encore récemment publié un rapport révélant que six des dix pays qui ont enregistré la croissance la plus rapide au cours de la décennie écoulée sont africains. Depuis quelques années, le continent africain - certes avec de fortes disparités régionales - enregistre une croissance de 5% par an. C'est non seulement le double du reste du monde et plus que l'Asie actuellement, mais également le double de sa moyenne sur les deux dernières décennies. Plusieurs rapports récents du bureau d'études Mc Kinsey indiquent que ce phénomène ne s'explique pas uniquement par la hausse des prix des matières premières. Pour deux tiers, cette croissance est le fruit d'une dynamique interne, qui est notamment la conséquence d'une stabilité politique accrue, de réformes économiques structurelles, de la lutte conte la corruption, de l'amélioration de l'éducation et bien entendu des flux d'investissements étrangers. Ces derniers ont augmenté en moyenne de 20 % par an depuis 2007. Les chiffres sont clairs : tous les secteurs sont en croissance en Afrique, de la construction à l'agriculture en passant par la santé. Par conséquent, nous devons voir l'Afrique comme un continent d'environ un milliard de consommateurs potentiels. Avec un niveau de consommation qui reste très faible, raison pour laquelle les dépenses liées l'alimentation représentent encore 40% du budget moyen des ménages. C'est le Sud-Africain moyen qui dépense le plus, mais ses dépenses ne correspondent qu'à un dixième de celles de l'Américain moyen. Pour de nombreux pays, c'est encore un vingtième, voire un trentième. Mais la consommation moyenne progresse à un rythme plus élevé que la croissance économique : 7% par an ces dernières années ! Toujours selon Mc Kinsey, la consommation en Afrique va augmenter de 410 milliards USD entre 2012 et 2020 et le nombre d'Africains qui dépensent au moins 5.000 USD par an (et appartiennent ainsi à la classe moyenne inférieure) devrait passer de 85 à 130 millions d'individus, soit de 7,5 à 12% d'une population en forte croissance.Nous devons donc de plus en plus tenir compte des entreprises (occidentales) qui profitent de la forte croissance de l'Afrique dans une stratégie d'investissement à long terme. Avec Texaf (immobilier en République démocratique du Congo) et Socfinaf (plantations dans six pays africains), nous suivions deux entreprises spécifiquement concentrées sur l'Afrique depuis plusieurs années. Mais leur terrain d'action, à la fois en termes sectoriel et géographique, est très limité. Avec Lonrho plc, nous pensions avoir trouvé un acteur d'envergure panafricaine l'an dernier mais l'actionnaire de référence savait parfaitement pourquoi une offre de rachat avait été lancée il y a quelque temps (voir IB24-A13). Nous présenterons deux nouvelles entreprises panafricaines au cours des semaines à venir : CFAO et Bolloré (toutes deux cotées sur le NYSE Euronext Paris).