Cela fait quelque temps que l'entreprise canadienne d'exploration d'uranium Kivalliq Energy tourne au ralenti. L'énorme crise que traverse le secteur et le faible cours boursier l'ont incitée à procéder à de lourdes économies. Les augmentations de capital nécessaires sont restées limitées à 1,1 million de dollars canadiens (CAD) en 2014 (émission de 5 millions d'actions à 0,22 CAD), à 2,8 millions CAD en 2015 (10,2 millions d'actions à 0,15 et 10,5 millions d'actions à 0,12 CAD) et 0,4 million en 2016 (4 millions d'actions à 0,1 CAD). Ces fonds ont d'abord é...

Cela fait quelque temps que l'entreprise canadienne d'exploration d'uranium Kivalliq Energy tourne au ralenti. L'énorme crise que traverse le secteur et le faible cours boursier l'ont incitée à procéder à de lourdes économies. Les augmentations de capital nécessaires sont restées limitées à 1,1 million de dollars canadiens (CAD) en 2014 (émission de 5 millions d'actions à 0,22 CAD), à 2,8 millions CAD en 2015 (10,2 millions d'actions à 0,15 et 10,5 millions d'actions à 0,12 CAD) et 0,4 million en 2016 (4 millions d'actions à 0,1 CAD). Ces fonds ont d'abord été affectés à l'exploration de nouvelles zones sur le projet Angilak, le projet phare de Kivalliq dans la province minière de Nunavit avec 43,3 millions de livres de réserves et un taux de concentration d'uranium élevé de 0,69%. Kivalliq a ainsi dépensé 50 millions CAD entre 2010 et 2013 pour cartographier la région. Mais une autre partie des capitaux a été investie dans des travaux d'exploration sur deux propriétés acquises récemment: la Genesis Property (198.763 hectares dans la province de Saskatchewan, au Canada) et la toute proche Hatchet Lake (13.711 ha). Pendant ce temps, l'action a évolué entre 0,07 et 0,10 CAD avant de doubler ces dernières semaines. Épinglons le fragile redressement du prix de l'uranium (prix spot), d'un plancher de 18 dollars la livre à l'automne dernier, son plus bas niveau depuis 2003, à 24 dollars (+20% depuis début 2017). Les meilleures dispositions du nouveau président américain Donald Trump vis-à-vis de l'énergie nucléaire n'y sont pas étrangères. Mais l'annonce inattendue, début janvier, d'une réduction par le Kazakhstan de sa production d'uranium de 10% cette année a au moins pesé aussi lourd dans la balance. Ce pays prend à son compte près de 40% de la production mondiale, et cette décision est un signal fort : les niveaux de cours extrêmement bas ont atteint la fin de leur date de validité. Au début de la semaine dernière, Kivalliq a dès lors annoncé une nouvelle opération de financement de 3 millions CAD, le montant le plus élevé depuis 2013. Le pivot de l'opération est Sandstorm Gold, l'entreprise de royalties et streaming que nous suivons de près. Elle souscrira 60% d'une émission de 25,9 millions d'actions à 0,08 CAD (dilution de 11,7%), et versera 1 million CAD pour l'acquisition de 20% de royalties sur la production future d'Angilak. Le secteur semble enfin sortir de plusieurs années de torpeur, une bonne nouvelle pour Kivalliq Energy. L'action reste "digne d'achat", mais avec un risque supérieur à la moyenne (1C).