Pour les actionnaires du producteur allemand d'engrais et de sels K+S (pour Kali und Salz), l'année 2018 fut décevante, en effet. Depuis janvier, l'action a cédé 26,1%, sous-performant de 20% le premier producteur de potasse, le canadien Nutrien.
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Pour les actionnaires du producteur allemand d'engrais et de sels K+S (pour Kali und Salz), l'année 2018 fut décevante, en effet. Depuis janvier, l'action a cédé 26,1%, sous-performant de 20% le premier producteur de potasse, le canadien Nutrien. L'année s'annonçait bonne pour K+S, qui avait, l'an dernier, mis en phase de production Bethune, au Canada, sa première usine de potasse en dehors de son marché domestique. Mais la production n'y a pas satisfait à toutes les exigences de qualité. Le groupe a dès lors revu à la baisse ses projections pour l'exercice, à 1,4 million de tonnes (soit 0,2 million de tonnes de moins). L'on peut s'attendre à ce qu'à la fin de 2019, tout soit sous contrôle. Dans ses mines de potasse allemandes, la production a repris - l'évacuation des eaux usées a été optimisée. En raison de la sécheresse exceptionnelle, cet été, deux mines ont dû être fermées pendant plusieurs semaines, entraînant des dépenses supplémentaires à hauteur de 80 millions d'euros. Enfin, le niveau des rivières allemandes, étonnamment bas pour l'heure, est une mauvaise nouvelle pour K+S. Le groupe a pour projet d'accroître sa capacité de stockage des eaux usées à compter de l'an prochain. En septembre, sans réelle surprise, K+S a averti que le bénéfice annuel serait moins élevé qu'attendu. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) devrait s'établir entre 570 et 630 millions d'euros au terme de l'exercice courant, et non plus entre 660 et 740 millions. Depuis août, le consensus ne vise plus 829 millions, mais bien 610,2 millions d'euros et pour 2019, 894 millions. Après neuf mois, la division Sels a vu son chiffre d'affaires (CA) croître de 6,5%, à 1,34 milliard d'euros, en glissement annuel, grâce à la croissance sensible des ventes de sel de déneigement (+27%, à 498,5 millions). La hausse des coûts du transport a ralenti la croissance du bénéfice opérationnel (Ebit; +3,9%, à 127,9 millions). Le pôle Engrais a vu son CA grimper de 10,9%, à 1,35 milliard d'euros, mais son Ebit reculer de 93,2%, à 5,1 millions. Fin septembre, la dette nette atteignait 4,3 milliards d'euros; elle correspond à 7,6 fois l'Ebitda réalisé en un an. Le groupe espère disposer à nouveau de liquidités en 2019 et réduire de moitié sa dette, d'ici à 2020. Ce sont fort heureusement des éléments temporaires qui ont mené la vie dure à K+S. Son titre est digne d'achat (rating 1C).