Le marché n'a en effet pas apprécié la nouvelle vision stratégique 2030 présentée le 9 octobre par le producteur allemand d'engrais et de sel K+S. Cet été, le groupe a été forcé d'abandonner son objectif 2020 : réaliser un cash-flow opérationnel (EBITDA) d'au moins 1,6 milliard d'euros. Son projet reposait sur un prix de la potasse à 330 dollars la tonne. Or actuellement, la tonne coûte environ 240 dollars, un prix qui ne devrait pas progresser à court terme. À première vue, les objectifs du plan stratégique 2030 so...

Le marché n'a en effet pas apprécié la nouvelle vision stratégique 2030 présentée le 9 octobre par le producteur allemand d'engrais et de sel K+S. Cet été, le groupe a été forcé d'abandonner son objectif 2020 : réaliser un cash-flow opérationnel (EBITDA) d'au moins 1,6 milliard d'euros. Son projet reposait sur un prix de la potasse à 330 dollars la tonne. Or actuellement, la tonne coûte environ 240 dollars, un prix qui ne devrait pas progresser à court terme. À première vue, les objectifs du plan stratégique 2030 sont impressionnants : une augmentation du chiffre d'affaires (CA) de 3,5 milliards d'euros en 2016 à 11 milliards en 2030, soit un taux de croissance de 9% par an, et une hausse de l'EBITDA de 519 millions en 2016 à 3 milliards en 2030, ce qui suppose une amélioration de la marge d'EBITDA d'environ à 27%. Naturellement, les facteurs sur lesquels reposent ces prévisions à long terme étant imprévisibles, et la marge d'erreur dès lors grande, le marché préfère se concentrer sur le plus court terme. Or l'avenir à brève échéance de K+S s'annonce délicat. Le groupe accuse une lourde charge de dettes (fin juin, 3,75 milliards d'euros, ou 5,8 fois l'EBITDA attendu pour 2017) en conséquence de la construction de Bethune, le projet de potasse en province canadienne de Saskatchewan lancé cet été. La nouvelle stratégie repose sur le déploiement d'une organisation plus orientée clients (Build 'One Company', avec la fusion des divisions Sel et Engrais) et concentrée sur quatre débouchés : l'agriculture, l'industrie, les administrations locales et les consommateurs. La période jusqu'en 2020 sera placée sous le signe de la transformation. Le projet devra livrer 150 millions d'euros d'économies et réduire de moitié le taux d'endettement d'ici fin 2020. Le cash-flow libre devrait être positif à partir de 2019. Ce n'est qu'après 2020 qu'il y aura place pour une réelle accélération de la croissance. L'attention sera placée alors sur les engrais et les débouchés spécialisés (pharmacie). Sur le plan géographique, le groupe tablera sur une plus grande exposition à l'Asie et à l'Afrique. La croissance annuelle plus soutenue proviendra de l'agriculture (+10%) et de l'industrie (+9%). Malgré la réaction de cours négative, nous restons positifs par rapport aux perspectives de K+S. L'action est en retrait par rapport au secteur, et nous prévoyons une amélioration dans les 12 à 18 prochains mois, qui sera soutenue par le projet Bethune. Nombre des préoccupations entourant le dossier environnement en Allemagne se seront par ailleurs dissipées d'ici là. Digne d'achat (rating 1B).