Un événement crucial est susceptible de perturber les marchés financiers: l'élection présidentielle américaine du 3 novembre. Début 2020, la réélection semblait une simple formalité pour Donald Trump, vu la vigueur de l'économie, le taux de chômage très faible, la hausse des revenus de la majorité de la population et l'accord commercial (partiel) imposé à la Chine, principal rival économique des Etats-Unis. Aucun candidat démocrate n'aurait pu présenter un tel bilan, et surtout pas l'insipide Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama.
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Un événement crucial est susceptible de perturber les marchés financiers: l'élection présidentielle américaine du 3 novembre. Début 2020, la réélection semblait une simple formalité pour Donald Trump, vu la vigueur de l'économie, le taux de chômage très faible, la hausse des revenus de la majorité de la population et l'accord commercial (partiel) imposé à la Chine, principal rival économique des Etats-Unis. Aucun candidat démocrate n'aurait pu présenter un tel bilan, et surtout pas l'insipide Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama. Mais le Covid-19 a redistribué les cartes de la politique américaine, plaçant ce dernier en tête des sondages - même si, rappelons-le, les sondages, en 2016, ne donnaient aucune chance à Donald Trump face à Hillary Clinton... Pour l'instant, la plupart des sociétés de Bourse voient la victoire de Joe Biden comme le scénario le plus probable. Mais elle ne serait pas forcément dramatique pour les indices boursiers américains. En déclenchant une guerre commerciale avec la Chine, Donald Trump a déjà perdu une partie du capital sympathie que lui a conféré la baisse de l'impôt sur les sociétés. Joe Biden et sa colistière Kamala Harris appartiennent plutôt au centre, loin de l'aile progressiste menée par Bernie Sanders ou Elisabeth Warren, à gauche. De plus, la Réserve fédérale fait toujours preuve d'une grande souplesse monétaire.L'écart de suffrages entre les deux candidats est peut-être tout aussi important que le nom du vainqueur. S'il se révèle inférieur à ce que les sondages suggèrent, il y a de fortes chances que Donald Trump n'accepte pas le résultat et que ses partisans, souvent armés, voire le parti entier, lui emboîtent le pas. L'atmosphère aux Etats-Unis est déjà très tendue; des sortes de guerres civiles localisées pourraient alors éclater. Une victoire de Joe Biden ne plongera pour autant pas Wall Street dans l'euphorie. Les Démocrates ont fait de la hausse des impôts pour les riches leur cheval de bataille et des risques pèsent pour le secteur pharmaceutique (contrôle du prix des médicaments) et technologique (lutte contre l'hégémonie des géants du secteur). Pour Wall Street, il est donc essentiel que le Sénat reste républicain. La combinaison d'un président et d'un Congrès totalement démocrate (puisque la Chambre des représentants est déjà aux mains des Démocrates) effrayerait les investisseurs. Or, contrairement à ce que l'on pourrait penser, sur les 20 derniers mandats présidentiels, le rendement moyen de Wall Street sous un président démocrate est systématiquement plus élevé que sous un président républicain. En moyenne, le marché boursier américain a tendance à prendre de la hauteur à l'approche des élections si le président sortant est donné vainqueur, tandis que les indices sont sous pression si un changement est attendu - d'où notre position prudente sur Wall Street dans les semaines à venir.