Interrogé dans L'Echo (article mis en ligne le 20 avril dernier), Stuart Dunbar, associé chez Baillie Gifford, le gestionnaire d'actifs écossais indépendant, affirmait: "Ce serait mieux si les Bourses n'ouvraient que deux heures par mois". Ce serait un cauchemar pour tous les médias financiers, s'est dit d'emblée notre rédaction. Car le plus clair de ce que nous écrivons découle de notre observation des cours. Pour autant, le message de Stuart Dunbar ne nous a évidemment pas échappé: trop d'investisseurs, mais bien plus de gestionnaires de fonds encore, ne pens...

Interrogé dans L'Echo (article mis en ligne le 20 avril dernier), Stuart Dunbar, associé chez Baillie Gifford, le gestionnaire d'actifs écossais indépendant, affirmait: "Ce serait mieux si les Bourses n'ouvraient que deux heures par mois". Ce serait un cauchemar pour tous les médias financiers, s'est dit d'emblée notre rédaction. Car le plus clair de ce que nous écrivons découle de notre observation des cours. Pour autant, le message de Stuart Dunbar ne nous a évidemment pas échappé: trop d'investisseurs, mais bien plus de gestionnaires de fonds encore, ne pensent qu'à court terme, et achètent et revendent trop vite.Chez Baillie Gifford, on reste actionnaire d'une entreprise des années, sinon des décennies durant, parce qu'investir dans les meilleures actions (européennes) de croissance le requiert. Baillie Gifford est plus que centenaire. Alors qu'une crise du crédit avait éclaté, ce trust a été fondé en 1908 à Edimbourg par le colonel Auguste Baillie et Carlyle Gifford pour prêter des fonds aux plantations de caoutchouc en Malaisie (à l'époque en territoire britannique). Plus tard, le trust a commencé à investir en Bourse. Il a fait parler de lui il y a quelques années en entrant au capital d'argenx, qui n'était alors pas encore le porte-drapeau de la biotechnologie belge. Il a d'ailleurs participé à la dernière augmentation de capital en date de la société. Au vu de son enthousiasme, Baillie Gifford voit à n'en point douter - comme nous - argenx comme une entreprise européenne à fort potentiel de croissance à long terme. Il n'investit d'ailleurs que dans les actions qu'il considère exceptionnelles.Vous le savez, nous aimons nous constituer une trésorerie quand nous jugeons probable une correction des marchés boursiers. Pour autant, nous ne nous séparons pas de tous nos titres prometteurs. Revenons à argenx. Nous en détenons des actions depuis le 15 juillet 2016. Elles coûtaient alors 13,25 euros. Et bien qu'elles aient valu jusqu'à 300 euros, le portefeuille modèle est toujours investi dans l'entreprise, et le restera encore quelques années. Nous avons certes pris nos bénéfices régulièrement afin de rééquilibrer le portefeuille. Depuis 2018, nous avons réalisé un bénéfice de 15.700 euros sur un investissement initial d'un peu moins de 2.000 euros. Les actions encore détenues valent pour l'heure six fois plus que le jour où nous les avons achetées. Si nous n'avions rien vendu, le poids d'argenx dans le portefeuille serait de 23,3% aujourd'hui. C'est notamment grâce à la présence ininterrompue de l'action dans celui-ci au cours des six dernières années que sa performance a pu dépasser celle du marché. Nous ne pouvions mieux illustrer la philosophie de Baillie Gifford.Longue vie encore à argenx, mais aussi à ASML Holding, à Lotus Bakeries et aux nombreux autres champions de la Bourse!