Si l'eau est présente en quantités énormes, seule une infime partie est directement consommable. En outre, le réchauffement climatique allonge structurellement les sécheresses et la croissance démographique, l'essor de la classe moyenne et l'urbanisation dans les pays émergents dopent la demande. De nombreux pays négligent d'entretenir leurs réseaux, ce qui entraîne du gaspillage, et les tarifs fixés par les pouvoirs publics ne suffisent généralem...

Si l'eau est présente en quantités énormes, seule une infime partie est directement consommable. En outre, le réchauffement climatique allonge structurellement les sécheresses et la croissance démographique, l'essor de la classe moyenne et l'urbanisation dans les pays émergents dopent la demande. De nombreux pays négligent d'entretenir leurs réseaux, ce qui entraîne du gaspillage, et les tarifs fixés par les pouvoirs publics ne suffisent généralement pas à encourager une consommation responsable. Le contexte est donc favorable à un investissement à long terme. L'on peut surfer sur cette tendance structurelle au moyen d'actions individuelles ou, pour une approche plus diversifiée, de fonds. Sachez toutefois que de nombreuses entreprises ne tirent de l'eau qu'une partie de leurs revenus. C'est le cas du français Veolia Environnement, pour qui l'eau n'a représenté en 2017 que 44% de ses 25,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires, le reste provenant du traitement des déchets (36%) et de l'énergie (20%). De plus, le taux de croissance du chiffre d'affaires dû à l'eau est légèrement négatif depuis trois ans (-0,3%). L'action s'échange à 16,5 fois le bénéfice escompté pour 2018. Les positions existantes peuvent être conservées, mais nous attendrions avant d'acheter. L'on sait que des investissements colossaux s'imposeront aux Etats-Unis ces prochaines décennies. American Water Works (capit. boursière: 17,5 milliards de dollars), Aqua America (6,2 milliards) et California Water Service Group (2,2) sont de grands acteurs américains. A respectivement 38, 25 et 37 fois le bénéfice escompté pour 2018, leur valorisation est cependant trop élevée. Côté fonds spécialisés, Pictet Water (code ISIN: LU0104884860) affiche un rendement brut moyen de 8,71% hors frais sur ces cinq dernières années. Plus près de nous, l'Eco Fund Water de KBC (BE0175479063) a atteint un rendement brut de 7,73%, hors frais également, sur une durée identique. L'eau peut donc être un investissement intéressant pour un horizon de long terme, mais il n'est pas facile d'obtenir un rendement supérieur à la moyenne et nous ne voyons pas cette catégorie d'actions se distinguer en cas de turbulences boursières. Pour l'instant, nous nous contenterions d'attendre.