Difficile d'y échapper ces dernières semaines : les marchés émergents ont beaucoup fait parler d'eux, généralement en mal, et la Chine n'y a pas fait exception. Les louanges des dernières années cèdent la place à une vision majoritairement pessimiste de l'économie chinoise. Petit extrait : le taux de croissance a encore baissé, le secteur bancaire est au bord de l'implosion, la bulle immobilière va se vider...
...

Difficile d'y échapper ces dernières semaines : les marchés émergents ont beaucoup fait parler d'eux, généralement en mal, et la Chine n'y a pas fait exception. Les louanges des dernières années cèdent la place à une vision majoritairement pessimiste de l'économie chinoise. Petit extrait : le taux de croissance a encore baissé, le secteur bancaire est au bord de l'implosion, la bulle immobilière va se vider...Réserves de devisesLa réalité est un peu plus nuancée. Il est évident que la croissance explosive de la décennie écoulée a créé des déséquilibres dans certains domaines. La forte croissance du "shadow banking" inquiète particulièrement les observateurs. On entend par là principalement les octrois de crédits en dehors du secteur financier réglementé. Il en a résulté des surinvestissements dans certains secteurs, qui doivent à présent éliminer les excès. Cependant, il est exagéré d'affirmer que le système financier chinois est au bord de l'implosion. La Chine se caractérise toujours par une économie assez fermée, avec une convertibilité limitée de la monnaie. Le yuan n'est réévalué qu'au compte-gouttes par rapport aux autres devises, alors qu'il subsiste de nombreuses restrictions pour les capitaux étrangers. Sans compter les importantes réserves de devises de la Banque centrale chinoise qui permettent au pays de disposer d'un robuste pare-chocs contre les turbulences sur les marchés financiers. En raison de l'excédent commercial persistant (exportations supérieures aux importations), ces réserves de devises ont atteint plus de 3800 milliards USD l'an dernier. La croissance du produit intérieur brut (PIB) chinois est effectivement retombée à 7,7% l'an dernier, mais cela reste très élevé selon les normes occidentales. Comme vous avez déjà pu le lire dans la page Stratégie, les Bourses chinoises sont restées très en retard par rapport à la croissance économique ces dernières années. La croissance des bénéfices des entreprises attendue en 2014 atteint 9%. Les actions du MSCI China Index s'échangent moyennant des rapports cours/bénéfice et cours/valeur comptable moyens de respectivement 8,5 et 1,4. Sur le MSCI World Index, ces moyennes s'établissent à 15 et 2,1. Champ de minesInvestir en Chine, c'est traverser un champ de mines. Avant de proposer une série de trackers, revenons sur les différents types d'actions. Tout émetteur d'ETF ne peut investir dans n'importe quelle action. Les investisseurs étrangers sont toujours soumis à des restrictions. Les actions A sont les moins accessibles. Il s'agit d'actions d'entreprises qui ont leur siège en Chine continentale et qui sont cotées sur une Bourse locale (Shanghai ou Shenzhen). Les actions A sont également libellées en monnaie locale, le renminbi (RMB). Les actions B se négocient également sur une Bourse chinoise, mais sont ouvertes aux actionnaires étrangers et sont négociées en USD ou en dollar hongkongais (HKD). Les actions H se distinguent par leur cotation sur la Bourse de Hong Kong, où elles sont également accessibles à des investisseurs non chinois. Les Red Chips sont les actions d'entreprises publiques chinoises qui ont leur siège en dehors de Chine et qui sont également cotées à Hong Kong. Il existe enfin des actions N : ces actions chinoises sont cotées sur la Bourse américaine sous la forme d'American Deposit Receipt (ADR).Jusqu'il y a peu, la plupart des trackers investissaient principalement en actions H et en Red Chips. L'inconvénient est qu'ils ne peuvent pas acheter d'actions d'entreprises qui ont leur siège hors de la Chine. En raison d'un récent assouplissement de la législation, deux ETF cotés sur la Bourse américaine ont l'autorisation d'investir aussi en actions A. Nous y reviendrons la semaine prochaine. Voici les deux plus grands ETF sur la Chine, qui sont également les plus liquides. iShares China Large Cap ETFTicker: FXIIndice sous-jacent: FTSE China 25 IndexFrais annuels: 0,74%Emis par BlackRock, FXI est le tracker sur la Chine le plus grand et le plus liquide au monde, avec plus de 5,4 milliards USD sous gestion et un volume de transactions journalier moyen de près de 25 millions de titres. Le grand inconvénient de FXI est sa forte exposition au secteur financier. Celui-ci représente 55% de l'indice sous-jacent, suivi à bonne distance par les télécommunications (14%), l'industrie pétrolière et gazière (11%) et les télécommunications (11%).iShares MSCI China Index FundTicker: MCHIIndice sous-jacent: MSCI China IndexFrais annuels: 0,62%Du même émetteur que FXI, MCHI est nettement plus petit avec près d'un milliard USD sous gestion. Avec 130 entreprises, l'indice sous-jacent est beaucoup plus diversifié. Le secteur financier y est un peu moins dominant avec un poids de 30% dans l'indice. L'énergie (13%), l'informatique (12%) et les télécommunications (10%) sont également bien représentées. Le MCHI affiche une liquidité suffisante avec un volume de transactions journalier moyen de 600.000 titres.SPDR S&P China ETFTicker: GXCIndice sous-jacent: S&P China BMI indexFrais annuels: 0,59%GXC est émis par State Street Global Advisors. Ce tracker investit également dans des actions N. L'indice sous-jacent comptant 251 entreprises, il est encore nettement plus diversifié. Le poids du secteur financier tombe à 30%, suivi par l'informatique (20%) et l'énergie (10%). GXC affiche près de 800 millions USD sous gestion, et 200.000 titres changent de main chaque jour.Derrière ces trois plus grands trackers sur la Chine, l'écart est immense en ce qui concerne l'actif géré. La semaine prochaine, nous nous intéresserons de plus près à une série d'ETF spécialisés dans des secteurs spécifiques et nous aborderons les trackers qui permettent d'investir dans des actions A.