Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à autonomiser une division en vue de l'introduire séparément en Bourse. L'an dernier a été marqué par le nombre de spin-offs le plus élevé depuis 1999 et au terme des trois premiers trimestres de 2015, il semble que nous soyons repartis sur les mêmes bases. Parmi les exemples récents de scissions annoncées, citons Alcoa, BHP Billiton et Hewlett-Packard. Plus près de chez nous, Philips a l'intention de scinder sa division Eclairage.
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Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à autonomiser une division en vue de l'introduire séparément en Bourse. L'an dernier a été marqué par le nombre de spin-offs le plus élevé depuis 1999 et au terme des trois premiers trimestres de 2015, il semble que nous soyons repartis sur les mêmes bases. Parmi les exemples récents de scissions annoncées, citons Alcoa, BHP Billiton et Hewlett-Packard. Plus près de chez nous, Philips a l'intention de scinder sa division Eclairage. Motivations diversesGénéralement, la direction du groupe argumente que les divisions pourront être gérées de manière plus efficace une fois autonomisées. Parfois, d'autres motivations interviennent également. Dans le cas d'acquisitions, il arrive souvent que les autorités à la concurrence obligent le repreneur à se séparer d'un ou plusieurs éléments de son groupe. Parfois, une scission est également imposée " d'en haut ". Ainsi, ING a dû se séparer de la Nationale Nederlanden, sa branche active dans les assurances. Positions réduitesQuel que soit le motif de l'opération, les actionnaires de l'entreprise mère reçoivent bon gré mal gré une participation dans la nouvelle filiale. Dans de nombreux cas, il s'agit de positions réduites, que les investisseurs institutionnels choisissent souvent de vendre le plus vite possible parce qu'elles ne répondent pas à leurs exigences en matière de taille et de liquidités. Pour cette raison, les performances boursières d'une entreprise autonomisée sont souvent moins bonnes que celles de l'entreprise mère à court terme, et ce, sans raison fondamentale. Mais la société de recherche Spin-Off Research a calculé qu'abstraction faite des premiers mois après la scission, les actions de spin-offs étaient plus performantes que le marché à plus long terme. Voici deux trackers spécialisés dans les entreprises récemment autonomisées.Guggenheim Spin-Off ETFTicker: CSDBourse: NYSE ArcaEmission : décembre 2006Performance depuis le 01/01/2015: -9,3%Rendement sur 12 mois: -5%Rendement sur 3 ans: +47%Volume journalier moyen: 71000Actifs sous gestion: 382 millions USDFrais annuels de gestion : 0,66%Ce tracker émis par Guggenheim Investments est coté depuis près de 9 ans sur le NYSE (ticker : CSD). Il a pour valeur sous-jacente le Beacon Spin-Off Index, un indice à gestion passive qui compte 40 entreprises et dont la composition est en principe rééquilibrée tous les six mois. Ce rééquilibrage peut être différé si les nouvelles spin-offs sont trop peu nombreuses sur une période donnée. Les entreprises qui appartiennent à l'indice ont été scindées de leur entreprise mère au cours des six à trente mois précédents. Il peut s'agir de spin-offs créées entièrement au profit des actionnaires existants, mais aussi d'IPO ou d'introductions en Bourse d'éléments d'une entreprise. La limite de 6 mois a été fixée pour éviter la sous-performance caractéristique des premiers mois de cotation. Il n'y a aucune condition spécifique en matière de taille, mais dans la pratique, 90% des entreprises de l'indice ont une valeur de marché de moins de 10 milliards USD. Toutes les entreprises sont cotées aux Etats-Unis, mais il ne s'agit pas nécessairement d'entreprises américaines. Le CSD affiche une sous-performance de 8% par rapport au S&P500 cette année, mais le tracker est plus performant que le marché sur une période plus longue. Les frais annuels de gestion sont fixés à 0,66%.Cinq principales participations :Brookfield Property Partners5,46%Liberty Media5,29%Allegion5,28%Keysight Technologies5,13%'New' News Corp.5,11%Le groupe immobilier Brookfield Property Partners a été scindé de Brookfield Asset Management, sans doute mieux connu de certains investisseurs sous son nom précédent, Brascan. Liberty Media est une émanation du groupe de télédistributions John Malone, qui contrôle également Telenet. L'entreprise irlandaise Allegion est principalement active dans la protection informatique (matériel et logiciel) et a été scindée d'Ingersoll Rand en décembre 2013. Keysight Technologies est active dans les appareils de mesure spécialisés et appartenait précédemment au groupe Agilent. La " New " News Corp. a été scindée dans un groupe News Corp. du magnat des médias Rupert Murdoch. Elle comprend notamment toutes les activités australiennes. La cotation primaire est à Sydney, mais l'action se négocie également sur le NYSE.Market Vectors Global Spin-Off ETFTicker: SPUNBourse: NYSE ArcaEmission: juin 2015Volume journalier moyen: 1800Actifs sous gestion: 2,7 millions USDFrais annuels de gestion: 0,55%Ce tracker (ticker : SPUN) appartient à la famille de produits Market Vectors de l'émetteur Van Eck Global. SPUN n'est sur le marché que depuis quelques mois, d'où le volume réduit et l'absence d'historique de rendement. Ce tracker ratisse plus large que le CSD avec un indice sous-jacent (Horizon Kinetics Global Spin-Off index) qui compte 85 entreprises. Au lancement, toutes les entreprises ont été assorties d'une pondération identique, et celle-ci est ajustée chaque trimestre. La valeur boursière minimale pour pouvoir être repris dans l'indice a été fixée à 500 millions USD. Comme dans le cas du CSD, les Etats-Unis sont surreprésentés dans l'indice : 70% des entreprises qui le composent ont leur siège au pays de l'oncle Sam. Suivent l'Europe (20%), l'Australie et la Nouvelle-Zélande (8,5% ensemble) et Hong Kong et Singapour. Les frais annuels de gestion - 0,55% - sont un peu plus faibles que dans le cas du CSD.