La semaine dernière, la Banque centrale indienne dirigée par l'économiste réputé Raghuram Rajan a surpris les marchés financiers en décidant d'un deuxième abaissement des taux depuis début 2015. Le taux de référence indien a été raboté de 25 points de base (0,25%), à 7,5%. Plus d'une douzaine de banques centrales ont assoupli leur politique monétaire depuis le début de l'année. Et la troisième économie asiatique, derrière la Chine et le Japon, affiche malgré tout l'un des taux les plus élevés au monde. En début de mois, le gouvernement indien avait présenté le budget de l'année. Les observateurs l'attendaient avec impatience, et le marché a réagi ...

La semaine dernière, la Banque centrale indienne dirigée par l'économiste réputé Raghuram Rajan a surpris les marchés financiers en décidant d'un deuxième abaissement des taux depuis début 2015. Le taux de référence indien a été raboté de 25 points de base (0,25%), à 7,5%. Plus d'une douzaine de banques centrales ont assoupli leur politique monétaire depuis le début de l'année. Et la troisième économie asiatique, derrière la Chine et le Japon, affiche malgré tout l'un des taux les plus élevés au monde. En début de mois, le gouvernement indien avait présenté le budget de l'année. Les observateurs l'attendaient avec impatience, et le marché a réagi favorablement au fait que le budget alloué aux travaux d'infrastructure a été relevé de 700 milliards de roupies indiennes (INR; 11,3 milliards USD). Même si ceci implique que le déficit budgétaire sera en fin de compte plus élevé que prévu. Car l'infrastructure du pays, dans un état pitoyable, est l'un des principaux facteurs qui a empêché l'Inde de réaliser ses prévisions de croissance ambitieuses ces dix dernières années. Ceci dit, depuis la victoire aux élections du charismatique Narendra Modi du parti nationaliste hindou BJP, le sentiment à l'égard de l'Inde s'est amélioré. Les projections de croissance ont été relevées pour ce " sous-continent " abritant une population jeune de 1,2 milliard d'âmes. On prévoit même qu'à partir de 2017 ou 2018, l'Inde affiche une croissance plus soutenue que celle de la Chine. On attend cependant la mise en place des réformes nécessaires du marché de l'emploi, de l'énergie et du territoire.Franche hausseLes Bourses indiennes ont en tout cas réagi avec enthousiasme à l'arrivée de Modi, dont elles espèrent qu'il amorcera un réel changement. Le CNX Nifty, l'indice des principales entreprises, a connu l'an dernier une progression de 40%, ce à quoi il convient d'ajouter que son évolution fut plutôt timide entre 2008 et 2014. On peut donc évoquer le début d'une nouvelle tendance haussière boursière, reposant sur une faible valorisation, un renversement du cycle économique et surtout un changement de leadership politique. Le rapport cours/bénéfice escompté s'est accru à 19, mais cette évolution est typique de cette première phase. Le rétablissement de la croissance des bénéfices doit se manifester dans le courant de cette année. Enfin, en 2014, les bénéfices des entreprises ont affiché leur plus faible niveau depuis 2003 en termes de produit intérieur brut (3,3%). Tant pour cette année que pour l'an prochain, le consensus des analystes fait état de 10 à 15% de croissance des bénéfices des entreprises. La Bourse indienne n'a toutefois subi aucune correction de 10% ou plus depuis l'issue des élections. Nous pourrions donc nous attendre à un repli de cette ampleur dans le courant de l'année.Avec Vedanta Resources, coté en Bourse de Londres (lire la rubrique Flash), nous souhaitons miser sur les perspectives de croissance enthousiasmantes et le mouvement de rattrapage de l'Inde. Le groupe minier diversifié fournit en effet de l'énergie et des matières premières à son propre pays. Le cours s'est replié sensiblement l'an dernier dans le sillage des prix des matières premières et de l'énergie. Ce qui est synonyme d'opportunités à (plus) long terme.