Nous avons abaissé la note de Sipef à "conserver" (rating 2B) et vendu notre position pour étoffer notre trésorerie, car l'action avait bien résisté au krach de mars et nous n'escomptions pas de redressement à court terme. Nous restons toutefois optimistes vis-à-vis du secteur à long terme et Sipef reste notre favori.
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Nous avons abaissé la note de Sipef à "conserver" (rating 2B) et vendu notre position pour étoffer notre trésorerie, car l'action avait bien résisté au krach de mars et nous n'escomptions pas de redressement à court terme. Nous restons toutefois optimistes vis-à-vis du secteur à long terme et Sipef reste notre favori. Le manque de respect et de communication vis-à-vis des actionnaires privés d'Anglo-Eastern Plantations (AEP) nous pose problème. La croissance de l'entreprise a nettement ralenti et le dividende n'a jamais été relevé, même les années fastes, malgré une trésorerie positive (72 millions de dollars, le 31 mars 2020). La publication des résultats annuels 2019, que nous pressentons mauvais, a été différée à la mi-mai en raison du Covid-19. Au terme du 3e trimestre, la production du groupe avait baissé de 6% par rapport à 2018, à 296.600 tonnes. Vu en outre le faible prix de l'huile de palme (-5,6%, à 556 dollars la tonne, sur une base annuelle en 2019), le groupe devrait rester plus ou moins à l'équilibre financier (+0,3 million de dollars, à la fin du 1er semestre). Sa production s'est à peine redressée au 1er trimestre de 2020 (+0,6%, à 88.600 tonnes), à l'inverse de Sipef (+6%, à 78.533 tonnes) et MP Evans (47%, dont 23% sur les plantations propres, en janvier et février). La valeur de l'entreprise AEP reste très basse, à environ 2.200 dollars l'hectare planté (8.000 dollars chez Sipef, 12.000 dollars chez MP Evans) - c'est à nos yeux la seule raison de conserver une position existante dans AEP (rating 2A), à moins qu'une reprise des rachats ait lieu au sein du secteur, laquelle pourrait changer la donne. C'est d'ailleurs la double tentative d'acquisition de MP Evans par KLK fin 2016 - à 740 pence par action, soit 13.300 dollars l'hectare - qui a incité le britannique à adopter une politique de dividende beaucoup plus généreuse. Les plantations sont jeunes et - comme celles de Sipef - nettement plus rentables que celles d'AEP. La production a progressé de 20%, à 231.900 tonnes, en 2019 (plantations propres: +8%). Le dividende brut annuel est resté inchangé, à 17,75 pence par action. Le titre fluctuait autour de 700 pence ces dernières années. Il a décroché dans le sillage du marché en mars, avant de se redresser à 600 pence. Malgré sa valorisation plus élevée, MP Evans est à conserver (rating 2B) car nous pensons que KLK retentera sa chance tôt ou tard.