Nous souhaitons une fois de plus énoncer les facteurs qui nous incitent à penser que tous les ingrédients sont réunis pour que l'Open Market Committee de la Federal Reserve procède le 16 décembre prochain au premier relèvement de taux depuis juin 2006. Tout d'abord, le fait que le rapport sur l'emploi relatif au mois d'octobre, publié le 6 novembre, a démontré de manière manifeste que l'économie américaine n'était plus en crise. Ensuite la nécessité pour la Banque centrale américaine de conserver sa crédibilité. Sa...

Nous souhaitons une fois de plus énoncer les facteurs qui nous incitent à penser que tous les ingrédients sont réunis pour que l'Open Market Committee de la Federal Reserve procède le 16 décembre prochain au premier relèvement de taux depuis juin 2006. Tout d'abord, le fait que le rapport sur l'emploi relatif au mois d'octobre, publié le 6 novembre, a démontré de manière manifeste que l'économie américaine n'était plus en crise. Ensuite la nécessité pour la Banque centrale américaine de conserver sa crédibilité. Sa présidente Janet Yellen a annoncé il y a déjà plus d'une année que 2015 serait marqué par la fin de la politique de taux zéro. Si elle reportait encore cette décision historique, elle s'attirerait incontestablement les critiques des stratèges et investisseurs, qui douteraient de son pouvoir d'action, ce qui à son tour déstabiliserait les marchés.Une percée du dollar ?Reste à savoir si finalement, ce relèvement de taux est aussi crucial qu'on aimerait le croire... Pour l'économie américaine, nous nous permettons d'en douter. Un écart de 25 points de base (0,25%) ne fera pas grande différence. Naturellement, les marchés financiers réagiront. La première préoccupation de la Fed est cependant que l'augmentation de taux ne donne lieu à une (trop) forte hausse du dollar. C'est la raison pour laquelle Yellen soulignera probablement, en marge de son annonce, que la politique de taux sera normalisée de manière progressive, et qu'il ne faut pas s'attendre à une vague de relèvements de taux en 2016. Le dollar sortira-t-il donc du canal dans lequel il est resté ces six derniers mois, entre 1,05 et 1,15 USD pour 1 EUR, pour se diriger vers la parité ? Le marché obligataire américain évolue latéralement depuis toute une année déjà. Le taux à 10 ans des Treasuries fluctue entre 2 et 2,5% depuis un an et cette donne ne devrait pas changer à moins d'une hausse de l'inflation. Sur les échéances comprises entre 2 et 5 ans, l'effet peut selon nous être plus marqué.Nombre d'observateurs espèrent que l'indice Standard&Poor's500 et les autres baromètres américains atteindront de nouveaux records historiques après la hausse de taux. Ils prennent probablement leurs désirs pour la réalité... La situation est plus prometteuse pour les Bourses européennes. Même si là aussi, une percée du dollar nous semble essentielle. Il s'agit donc bel et bien d'une décision historique car les taux américains n'ont plus été relevés depuis très longtemps. Difficile pour autant d'anticiper avec certitude un revirement de tendance sur les marchés financiers en réaction à cette décision.