Dans le long portrait que lui a consacré le magazine d'affaires américain Fortune, Thomas Frederik " Fred " Olsen (86 ans) est décrit comme un faiseur de tendances, un pionnier. Le milliardaire norvégien, ancien champion du monde de voile (en 1959 et 1960), a fait du Timex Group la deuxième marque de montres la plus importante des Etats-Unis. Dans les années 1960, il a rapidement entrevu les énormes possibilités des premières découvertes de pétrole et de gaz au large des côtes norvégiennes. Il a cofondé la première compagnie pétrolière norvégienne privée et a transformé le chantier naval d'Aker Asa en un acteur de premier plan dans l'industrie pétrolière et gazière. Dans les années 1970, il s'est attaqué au secteur des services pétroliers avec Fred Olsen Energy (FOE), propriét...

Dans le long portrait que lui a consacré le magazine d'affaires américain Fortune, Thomas Frederik " Fred " Olsen (86 ans) est décrit comme un faiseur de tendances, un pionnier. Le milliardaire norvégien, ancien champion du monde de voile (en 1959 et 1960), a fait du Timex Group la deuxième marque de montres la plus importante des Etats-Unis. Dans les années 1960, il a rapidement entrevu les énormes possibilités des premières découvertes de pétrole et de gaz au large des côtes norvégiennes. Il a cofondé la première compagnie pétrolière norvégienne privée et a transformé le chantier naval d'Aker Asa en un acteur de premier plan dans l'industrie pétrolière et gazière. Dans les années 1970, il s'est attaqué au secteur des services pétroliers avec Fred Olsen Energy (FOE), propriétaire de 11 installations de forage pétrolier en mer (" offshore drilling "). Comme nous le savons tous, ce secteur traverse malheureusement une grave crise. En moins de deux ans, la valeur boursière de FOE est retombée de 20 milliards de couronnes norvégiennes à 3,7 milliards NOK (425 millions EUR). Une véritable saignée pour la famille Olsen qui contrôle la filiale de services pétroliers par le biais de deux holdings également cotés en Bourse : Bonheur et Ganger Rolf détiennent chacun 26% de Fred Olsen Energy. Bonheur contrôle Ganger Rolf (62,7%), qui possède elle-même 20,7% des actions Bonheur. Depuis quelque temps, Fred Olsen occupe la présidence du conseil d'administration alors que la gestion quotidienne a été confiée à sa fille Anette Sofie, 58 ans. Mais c'est encore son père Fred qui a pressenti le potentiel de l'énergie éolienne il y a dix ans. Les autres participations ne sont pas cotées en Bourse et se répartissent à égalité entre Bonheur et Ganger Rolf. Ces dernières années, le groupe est un des plus grands investisseurs dans l'énergie éolienne en Europe hors entreprises de services d'utilité publique. Ce, via Fred Olsen Renewables (FOR). FOR possède ainsi 6 parcs éoliens en Ecosse (433mégawatts, MW), qui représentent 7% de l'énergie éolienne produite en Grande-Bretagne et un parc éolien en Norvège (71 MW). Il faut également citer un pipeline de projets de 700 à 1280 MW en Norvège, en Suède et en Grande-Bretagne. Fred Olsen Ocean (FOO) comporte une flotte de navires spécialisés dans l'installation de parcs éoliens en mer. Pour être complet, nos citons encore Fred Olsen Cruise Lines, dont les quatre navires de croisière transportent chaque année environ 100.000 vacanciers dans les Caraïbes et d'autres lieux ensoleillés et une foule d'investissements, dont 27% de NHST Media Group, éditeur du journal d'affaires norvégien Dagens Naeringsliv. L'an dernier, la baisse du bénéfice de FOE s'est clairement répercutée sur les résultats et le dividende proposé. Bonheur a certes enregistré une hausse du CA et des cash-flows opérationnels (EBITDA), mais le bénéfice net s'est contracté de 1,27 milliard à 605 millions NOK. Le dividende a dès lors été abaissé de 7 à 2,5 NOK brut par action. Du côté de Ganger Rolf, le bénéfice a plongé de 247 à 73 millions NOK et le dividende, de 8,40 à 3 NOK brut par action. Trois quarts de l'EBITDA proviennent de FOE, 12% de FOR, 10% de FOO et 3% de Cruise Lines. L'EBITDA de FOR et surtout celui de FOO sont cependant en forte hausse. ConclusionNous commençons le suivi de Ganger Rolf. Même sur la base du cours de Bourse extrêmement bas de FOE et d'une valorisation (très) prudente des autres activités, nous obtenons une juste valeur de 107,5 NOK par action (la valeur comptable atteint même 158,1 NOK par action). Cette seule décote de 45% justifie déjà l'abandon de FOE au profit de Ganger Rolf. Mais on peut y ajouter la forte croissance attendue de l'énergie éolienne au cours des années à venir, le dividende de 4% brut et l'impact d'une éventuelle reprise du marché pétrolier. D'où l'arbitrage au sein du portefeuille modèle.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B