L'action de l'entreprise espagnole d'énergie éolienne Gamesa a enregistré une performance fantastique en 2013 avec une hausse de 335% à 7,58 EUR par action. Bien entendu, elle avait beaucoup baissé au cours des années précédentes. Pour l'instant, l'euphorie ne faiblit pas. L'action a déjà gagné 13% en 2013. Elle profite notamment du démarrage positif des Bourses espagnoles (+5,5% depuis le 1er anvier) ainsi que des rumeurs optimistes concernant le marché de l'énergie éolienne aux Etats-Unis. L'abolition d'une mesure d'aides publiques a entraîné un record de nouvelles commandes en décembre. En 2012, Gamesa avait encore essuyé une perte nette récurrente de 59 millions EUR (soit par action : -0,23 EUR). Mais les Espagnols ont ensuite redressé la barre plus vite que prévu, dès le 1er trimestre 2013. Après neuf mois, la marge opérationnelle (marge EBIT) s'élevait à 54%, contre un maigre 0,2% sur la même période en 2012. L'objectif pour 2013 a été relevé de 3 à 5% à au moins 5% après la présentation des résultats...

L'action de l'entreprise espagnole d'énergie éolienne Gamesa a enregistré une performance fantastique en 2013 avec une hausse de 335% à 7,58 EUR par action. Bien entendu, elle avait beaucoup baissé au cours des années précédentes. Pour l'instant, l'euphorie ne faiblit pas. L'action a déjà gagné 13% en 2013. Elle profite notamment du démarrage positif des Bourses espagnoles (+5,5% depuis le 1er anvier) ainsi que des rumeurs optimistes concernant le marché de l'énergie éolienne aux Etats-Unis. L'abolition d'une mesure d'aides publiques a entraîné un record de nouvelles commandes en décembre. En 2012, Gamesa avait encore essuyé une perte nette récurrente de 59 millions EUR (soit par action : -0,23 EUR). Mais les Espagnols ont ensuite redressé la barre plus vite que prévu, dès le 1er trimestre 2013. Après neuf mois, la marge opérationnelle (marge EBIT) s'élevait à 54%, contre un maigre 0,2% sur la même période en 2012. L'objectif pour 2013 a été relevé de 3 à 5% à au moins 5% après la présentation des résultats du 3e trimestre. Ce retour dans le vert a été réalisé malgré une baisse du chiffre d'affaires (CA) de 20,3% à 1,66 milliard EUR au cours des neuf premiers mois de l'année. Durant la même période, la puissance installée a baissé de 13,8%, ce qui confirme que les prix de vente ont atteint un plancher. L'augmentation de la marge EBIT provient d'un contrôle strict des coûts fixes - impact de +6% sur la marge EBIT - et variables - impact de +3,8%. En outre, le département Maintenance a vu son CA gonfler 18,2% avec une nette amélioration de la marge EBIT de 12,6%. Gamesa est dans les temps pour réaliser son business-plan 2013-2015. Ce plan prévoit des économies annuelles de 100 millions EUR et le break-even (ni bénéfices ni pertes) à partir de 1300 mégawatts (MW) de puissance installée. Le volume attendu pour 2013 se monte à 2000 MW (1432 MW après neuf mois et 2119 MW sur une base annuelle en 2012). Gamesa a annoncé lundi la formation d'une joint-venture avec Areva pour le développement commun de projets d'énergie éolienne en mer (offshore). Après une hausse phénoménale, l'action Gamesa s'échange à 25 fois les bénéfices attendus pour 2014. Nous trouvons que l'action a trop largement anticipé le redressement des résultats. Dans l'attente de la publication des résultats annuels le 27 février prochain, nous maintenons le conseil "réduire" (4C). Je possède des actions Fannie Mae et j'envisage d'en racheter. Que recommandez-vous concernant cette action?Comme Freddie Mac, de plus petite envergure, Fannie Mae compte parmi les plus grands organismes de crédit aux Etats-Unis. Fannie Mae a été fondé en 1938 pour soutenir le marché immobilier résidentiel aux Etats-Unis et offrir l'occasion aux bas et moyens revenus de devenir propriétaires après la grande dépression. En soi, cette mission a été largement accomplie. Le pourcentage d'Américains propriétaires de leur logement a progressé de 44% en 1940 à 65% aujourd'hui. Le revers de la médaille est que cette évolution s'est accompagnée d'une explosion de l'endettement. Le total des encours de crédit hypothécaire est passé de 11% du PIB en 1947 à 59% aujourd'hui. Fannie Mae rachète des crédits logement aux banques et vend des mortgage-backed securities (MBS, produits financiers "réemballés"). Ce sont notamment ces MBS que la Banque centrale américaine rachète chaque mois dans le cadre du programme d'assouplissement quantitatif (QE). Fannie Mae a en effet connu de graves difficultés en 2008 à la suite de la crise américaine du subprime. L'entreprise a été nationalisée et a reçu une aide de 117 milliards USD en échange de l'émission d'actions préférentielles. Cette aide était indispensable pour éviter un effondrement total du marché de l'immobilier. Grâce au redressement du marché immobilier résidentiel américain (augmentation du prix des maisons), Fannie Mae a renoué avec les bénéfices en 2012. Ces bénéfices sont presque intégralement reversés au titre de dividendes, mais uniquement en faveur du titulaire des actions préférentielles, c'est-à-dire l'Etat fédéral. Au total, 114 milliards ont déjà été distribués. Les actionnaires "ordinaires" ne reçoivent pas de dividende. Depuis 2001, l'action s'échange sur le marché de gré à gré (over-the-counter ou OTC) et affiche une valeur comptable négative de -107,69 USD par action. Elle n'est suivie par aucun analyste et est considérée comme dénuée de toute valeur. La hausse du cours de ces derniers mois s'explique par la prise d'une participation de deux fonds spéculatifs. Ceux-ci veulent contraindre l'Etat fédéral à procéder à une privatisation partielle. Le Congrès américain prépare cependant une nouvelle structure pour le financement du marché immobilier résidentiel américain et a l'intention de démanteler Fannie Mae (et Freddie Mac) à terme. Nous considérons un investissement dans Fannie Mae comme hautement spéculatif. L'entreprise ne survit que par la grâce des aides publiques et ses actifs sont insuffisants pour régler toutes les dettes. Par conséquent, nous ne rachèterions pas d'actions et réduirions plutôt les positions existantes (4D).