Bien que les négociations se soient déroulées de manière particulièrement pénible pendant de longues semaines, le " clash " avec la Grèce de ce week-end n'en reste pas moins une surprise désagréable. Le " Grexit ", soit la sortie de la Grèce de la zone euro, est un scénario désormais de plus en plus réaliste. Les deux camps ont commis de lourdes erreurs d'estimation. Une page sombre de l'histoire de l'unité européenne est en train de s'écrire.
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Bien que les négociations se soient déroulées de manière particulièrement pénible pendant de longues semaines, le " clash " avec la Grèce de ce week-end n'en reste pas moins une surprise désagréable. Le " Grexit ", soit la sortie de la Grèce de la zone euro, est un scénario désormais de plus en plus réaliste. Les deux camps ont commis de lourdes erreurs d'estimation. Une page sombre de l'histoire de l'unité européenne est en train de s'écrire.Cette semaine sera marquée par les incertitudes, détestées par les marchés financiers. Voilà une manière peu agréable de commencer les vacances d'été. Pour autant, nous ne cédons pas à la panique. De nouvelles initiatives sont encore possibles car aucune des parties n'a intérêt à rester dans cette situation de crise. La principale bouée de sauvetage prend la forme d'un référendum, qui aura lieu dimanche 5 juillet. Compte tenu de la menace de l'inconnu et du chaos, il est très probable que la population grecque, apeurée, s'exprime à l'encontre de son gouvernement, emmené par le Premier ministre Tsipras, et choisisse finalement de rester au sein de la zone euro. Nous-mêmes gardons toute confiance dans la Banque centrale européenne : nous pensons qu'elle interviendra pour réduire le risque de contagion vers l'Italie, l'Espagne et le Portugal, en rachetant des titres supplémentaires de ces pays dès cette semaine."Alhaize"Le dossier grec relègue au second plan l'acquisition de Delhaize par le groupe néerlandais Ahold. Sur la base des données factuelles, il ne s'agit pas là d'une fusion entre égaux. Les analystes locaux se plaignent des conditions de la transaction. Nous pouvons le comprendre. Mais d'autre part, le groupe de supermarchés revient de loin. Lorsque Frans Muller est devenu le directeur (CEO) de Delhaize en novembre 2013, l'action s'échangeait à 40 EUR. Aujourd'hui, elle affiche le double. Le Néerlandais a très bien travaillé, et la rentabilité s'est principalement redressée aux Etats-Unis. A posteriori, on pourrait même affirmer qu'il a refait de Delhaize une proie intéressante. Pendant de longues années, l'action était restée (nettement) en retrait, accablée par l'acquisition coûteuse d'Hannaford aux Etats-Unis à la fin des années 1990. Il avait mal choisi le moment et a dû réfréner ses ambitions de croissance en Europe Centrale et de l'Est, et plus encore en Asie. Récemment, la restructuration en Belgique s'est avéré une entreprise délicate, longue et coûteuse. Dans la mesure où structurellement, la chaîne est affectée, en Belgique, par des coûts salariaux élevés et que le consommateur scrute les meilleurs prix, le groupe était probablement condamné à entreprendre des restructurations à intervalles réguliers afin de contrer la concurrence de Colruyt, Aldi, Lidl ou encore Albert Heijn. Enfin, les actionnaires familiaux sont de moins en moins présents et leur engagement a diminué au fil des années. Dans l'attente d'une analyse complète d'Ahold dans notre prochain numéro, nous abaissons le conseil sur Delhaize (digne d'achat depuis plus d'un an) à " conserver/attendre " (rating 2B).