L'action du producteur canadien de cuivre First Quantum Minerals a effectivement rebondi ces derniers mois après une année 2015 dramatique, même si à 12dollars canadiens (CAD), elle s'échange toujours plus de 50% sous son sommet historique de 27,29CAD d'août 2014. La combinaison de baisse constante du cours du cuivre _ d'un pic de 4,5USD la livre en 2011 à 1,96USD la livre en janvier 2016 _, de problèmes opérationnels en Zambie et d'une forte hausse de la position d'endettement (4,7milliards USD nets fin 2015) a placé First Quantum dans une situation très délicate l'an dernier. Depuis, le cours du cuivre s'est très légèrement redressé depuis le plancher de janvier pour atteindre 2,17USD la livre. Les nouvelles étaient cependant meilleures en Zambie, où First Quantum exploite Kansanshi, la plus grande mine de cuivre opérationnelle (à ciel ouvert) du groupe, et depuis fin 2014 Sentinel. Après le démarrage de Sentinel, le gouvernement a cependant décidé de porter les royalties sur les mines à ciel ouvert de 6% à ...

L'action du producteur canadien de cuivre First Quantum Minerals a effectivement rebondi ces derniers mois après une année 2015 dramatique, même si à 12dollars canadiens (CAD), elle s'échange toujours plus de 50% sous son sommet historique de 27,29CAD d'août 2014. La combinaison de baisse constante du cours du cuivre _ d'un pic de 4,5USD la livre en 2011 à 1,96USD la livre en janvier 2016 _, de problèmes opérationnels en Zambie et d'une forte hausse de la position d'endettement (4,7milliards USD nets fin 2015) a placé First Quantum dans une situation très délicate l'an dernier. Depuis, le cours du cuivre s'est très légèrement redressé depuis le plancher de janvier pour atteindre 2,17USD la livre. Les nouvelles étaient cependant meilleures en Zambie, où First Quantum exploite Kansanshi, la plus grande mine de cuivre opérationnelle (à ciel ouvert) du groupe, et depuis fin 2014 Sentinel. Après le démarrage de Sentinel, le gouvernement a cependant décidé de porter les royalties sur les mines à ciel ouvert de 6% à 20%, alors que de graves problèmes d'approvisionnement d'électricité contraignaient le groupe à mettre la mine temporairement à l'arrêt. Depuis, l'approvisionnement s'est normalisé et un arrangement a été trouvé concernant les royalties, qui dépendent depuis juin 2016 du cours de cuivre et fluctuent entre 4% et 6%. À vitesse de croisière, Sentinel produira 230 à 260.000tonnes en 2018 (le groupe a produit 428.229tonnes en 2015), mais il oeuvre actuellement à la construction de la mine de cuivre de Cobre Panama au Panama: un projet d'envergure mondiale d'une durée de vie attendue de 34ans, une production annuelle escomptée de 320.000tonnes et un début de la production prévu fin 2017. La stratégie de croissance agressive et la chute du cours du cuivre ont alimenté les inquiétudes liées à la dette à la fin de l'an dernier, et en janvier, l'action est tombée à un plancher historique de 2,15CAD. Depuis, une nouvelle facilité de crédit de 1,8milliard USD a été souscrite et la vente de la mine de cuivre et de nickel de Kevitsa à Boliden a rapporté 712millions USD. Pour les 12mois à venir, le groupe recherche encore 2,5milliards USD supplémentaires pour financer le projet de Cobre Panama (budget total de 5,5milliards USD). Les résultats s'améliorent, avec un bénéfice net récurrent de 190millions USD (0,25USD par action) au 1ersemestre, contre une perte de 187millions USD l'an dernier (0,30USD par action). La baisse du cours du cuivre reste un facteur de risque important, et nous confirmons la note conserver (rating 2C). Vous êtes de plus en plus positif envers le secteur de l'énergie et les majors pétrolières. Cela vaut-il également pour le groupe brésilien Petrobras ?Les avis sont très partagés sur le géant pétrolier brésilien Petrobras, avec des objectifs de cours qui fluctuent entre 2USD (Crédit Suisse) et 10USD (Morgan Stanley), et une moyenne de 6,5USD. En cause: son parcours lamentable ces dernières années, durant lesquelles le groupe n'a jamais pu répondre aux attentes élevées nées de la fantastique découverte de pétrole et de gaz dans la zone "pré-sel" entre 2006 et 2008. De plus, l'ingérence politique dans l'entreprise d'État, ponctuée d'une série de scandales de corruption, témoigne de l'existence d'intérêts supérieurs à ceux de l'actionnaire (étranger). L'énorme programme d'investissement lié la construction de la capacité de production dans la zone pré-sel a engendré une dette nette gigantesque, qui s'élevait fin juin à 103,6milliards USD _ contre 100,4milliards USD fin 2015 et une capitalisation boursière de 55milliards USD. Le rapport entre la dette nette et les cash-flows opérationnels (EBITDA) est ainsi passé de 4,41 à 5,18 (objectif de 3 pour 2018). Le programme d'investissement pour la période 2015-2019 a été réduit de plus de moitié, à 98,4milliards USD. Et alors que le groupe prévoyait initialement de doubler sa production nationale quotidienne de pétrole et de gaz sur la période de 2014 à 2020, Petrobras ne table plus que sur une augmentation de 2,1 à 2,7millions de barils. Au 1ersemestre, la production a baissé de 2,7%, à 2,71millions de barils, dont 2,06millions de barils produits au Brésil (-3,5%). Le chiffre d'affaires du groupe a baissé de 26,3% à 38,3milliards USD, l'EBITDA apuré de 19,8% à 11,2milliards USD, et par rapport à un bénéfice net de 2,03milliards USD l'an dernier, le groupe a enregistré une légère perte nette de 212millions USD. Fin juillet, Petrobras a vendu pour 2,5milliards USD de licences de production dans le bassin de Santos à Statoil. Un succès dans un programme de désinvestissement qui ne progresse que péniblement pour le reste, alors qu'il doit rapporter 15,6milliards USD pour la fin de cette année (4,12milliards USD réalisés jusqu'à présent), et même 42,6milliards USD sur la période 2017-2018. L'action s'est joliment redressée ces derniers mois. Les perspectives économiques moins mauvaises du Brésil ont pu la soutenir. Mais vu le faible bilan, le risque reste élevé. L'action n'a donc sa place que dans le portefeuille diversifié d'un investisseur conscient des risques. Conserver (2C).