Ce qui s'est produit le 24 juin 2016 en Europe occidentale s'est répété le 18 mai dernier en Amérique Latine. Mais si là-bas le résultat du référendum n'était pas totalement inattendu, de lourdes accusations de corruption à l'égard du président brésilien Michel Temer ont tout de même à nouveau fait souffler un vent de panique sur les marchés financiers. Cette fois essentiellement sur les places brésiliennes, où l'indice boursier Ibovespa s'est tassé de près de 9% (perte de 150 milliards de dollars de capitalisation boursière), le réal brésilien (BRL) a perdu en un jour, malgré le soutien de plus...

Ce qui s'est produit le 24 juin 2016 en Europe occidentale s'est répété le 18 mai dernier en Amérique Latine. Mais si là-bas le résultat du référendum n'était pas totalement inattendu, de lourdes accusations de corruption à l'égard du président brésilien Michel Temer ont tout de même à nouveau fait souffler un vent de panique sur les marchés financiers. Cette fois essentiellement sur les places brésiliennes, où l'indice boursier Ibovespa s'est tassé de près de 9% (perte de 150 milliards de dollars de capitalisation boursière), le réal brésilien (BRL) a perdu en un jour, malgré le soutien de plusieurs milliards de la Banque centrale, 7,5% face au dollar américain (USD), tandis que le taux à dix ans sur les obligations d'État brésiliennes a progressé de 170 points de base (1,7 %), de 10% à 11,7%. Ou pour emprunter les termes d'un courtier de Sao Paulo : " Comme si une bombe atomique avait explosé. "L'économie brésilienne était en effet en train de se redresser doucement après la plus profonde crise des 50 dernières années, suivie d'une lourde récession. Cette année, selon les prévisions du FMI, le pays devrait sortir de récession (prévision de croissance de 0,3%), pour afficher dès l'an prochain une croissance de 2 à 3% en moyenne. En outre, l'économie brésilienne était encore accablée par un taux d'inflation extrêmement élevé de 10 %, qui devrait diminuer de moitié cette année, un déficit budgétaire considérable et une dette publique qui s'est déjà hissée à 70% du produit intérieur brut (PIB). Le pays fut rudement affaibli par la politique catastrophique de la présidente de gauche du Parti Travailliste Dilma Rousseff, qui a elle aussi en son temps été éclaboussée par le plus grand scandale de corruption du plus vaste pays d'Amérique du Sud, impliquant le géant pétrolier national Petrobras.Rousseff a dès lors été mise en accusation ("impeachment"), puis remplacée il y a un an environ par Michel Temer. Ce dernier est parvenu à regagner la confiance des marchés en procédant à plusieurs réformes nécessaires (pensions, discipline budgétaire, etc.). Temer est donc désormais dans l'oeil du cyclone. La perspective de nouvelles incertitudes politiques et l'éventuelle deuxième démission d'un président sans la mise en place des réformes nécessaires ont porté un coup violent à une confiance déjà fragile. Depuis début 2016, l'indice Ibovespa avait accompli un parcours exemplaire, le baromètre ayant presque doublé (d'environ 37.500 à 69.000 points). Un cinquième environ de ce gain est parti en fumée en l'espace d'une séance.Le Brésil reste l'un des marchés de la consommation les plus prometteurs au monde pour les prochaines décennies, 105 millions de Brésiliens appartenant déjà à la classe moyenne. Mais dans le doute, il vaut mieux s'abstenir, dit le sage adage latin. Pour notre part, nous ne pensons pas que le marché brésilien connaîtra une évolution extraordinaire au cours des prochains mois et semaines. Ce n'est pas de bon augure pour AB InBev, mais c'est la réalité.