Il y a un an environ, la couronne suédoise (SEK) frôlait le cours le plus bas jamais atteint depuis neuf ans. Sans surprise, elle s'est dépréciée davantage encore par la suite - les Suédois ont payé jusqu'à 10,90 SEK pour un euro. La situation s'améliore depuis octobre, puisqu'un euro coûte aujourd'hui 10,50 SEK, mais la devise reste fragile. Peu d'institutions financièr...

Il y a un an environ, la couronne suédoise (SEK) frôlait le cours le plus bas jamais atteint depuis neuf ans. Sans surprise, elle s'est dépréciée davantage encore par la suite - les Suédois ont payé jusqu'à 10,90 SEK pour un euro. La situation s'améliore depuis octobre, puisqu'un euro coûte aujourd'hui 10,50 SEK, mais la devise reste fragile. Peu d'institutions financières proposent des obligations en SEK, dont le rendement est si faible qu'elles n'intéressent pas grand monde.Si l'Etat n'est guère endetté, les ménages le sont, eux, très lourdement: un quart des Suédois croulent sous des dettes cinq fois plus élevées que leurs revenus. Le marché immobilier prohibitif explique en grande partie ce phénomène. Le coût très élevé de l'immigration massive et la pression fiscale qu'elle induit suscitent par ailleurs un vif mécontentement.La Sveriges Riksbank, la plus ancienne banque centrale du monde, mène une politique très accommodante depuis des années. Elle a néanmoins pu procéder au premier relèvement de son taux directeur (de -0,50 à -0,25%) en décembre 2018 et il n'est pas impossible qu'elle réitère la manoeuvre début 2020. A 1,60%, l'inflation demeure basse - trop basse -, mais la croissance économique reste soutenue et le chômage des locaux est faible (ce qui n'est pas le cas de celui des nombreux migrants). La dette publique n'atteint pas 40% du produit intérieur brut.Sur le plan technique, la couronne semble avoir atteint un plancher - si elle se maintient sous 10,50 SEK pour un euro, cela pourrait vouloir dire qu'elle est à son étiage et sans doute la Riksbank ne voudra-t-elle plus la laisser se déprécier. Fiscalement, en effet, la Suède a largement de quoi soutenir son économie; or si la politique fiscale devait voler à la rescousse de la croissance, disposer d'une monnaie (artificiellement) bon marché ne serait plus nécessaire.