Depuis quelques mois, tous les projecteurs sont de nouveau braqués sur les banques centrales. A Francfort, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé de -0,4 à -0,5% le taux de dépôt appliqué aux liquidités placées par les banques - et ce taux pourrait même être porté à -0,6% ces prochains mois. L'assouplissement quantitatif (QE) est à nouveau une réalité: le programme de rachat d'obligations interrompu début 2019 redémarrera le 1er novembre, à raison de 20 milliards d'euros par mois. Pour adoucir la pilule, la BCE compte assouplir les modalités des opérations de refinancement...

Depuis quelques mois, tous les projecteurs sont de nouveau braqués sur les banques centrales. A Francfort, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé de -0,4 à -0,5% le taux de dépôt appliqué aux liquidités placées par les banques - et ce taux pourrait même être porté à -0,6% ces prochains mois. L'assouplissement quantitatif (QE) est à nouveau une réalité: le programme de rachat d'obligations interrompu début 2019 redémarrera le 1er novembre, à raison de 20 milliards d'euros par mois. Pour adoucir la pilule, la BCE compte assouplir les modalités des opérations de refinancement à très long terme (TLTRO) et exonérer de ce taux sanction les forts excédents de liquidités.Ce qu'il faudra retenir surtout, c'est que Mario Draghi, le président de la BCE, maintiendra ce programme "aussi longtemps que nécessaire". La BCE a encore abaissé les prévisions d'inflation pour les prochaines années, si bien que l'objectif d'une hausse de 2% des prix demeure hors de portée. Outre-Atlantique, la Réserve fédérale a procédé à sa deuxième baisse de taux de l'année: -0,25%, comme en juillet. A deux reprises, l'assouplissement s'est heurté à une certaine résistance au sein du conseil des gouverneurs. Pendant de longues années, les banques centrales ont expliqué que les taux ultrafaibles et l'assouplissement quantitatif étaient des mesures temporaires destinées à contrer les effets de la crise bancaire. Aujourd'hui, force est de constater qu'il ne s'agit absolument pas d'une situation provisoire - ces mesures, qui pourraient bien encore être étendues, vont perdurer. Contrairement aux politiques, les grands argentiers ne doivent pas rendre de comptes aux électeurs. Apparemment tout-puissants, ils élargissent de plus en plus leur champ d'action. Et pourtant, le fait que Mario Draghi sorte à nouveau l'artillerie lourde sans avoir pu à aucun moment procéder à un relèvement de taux, et que Jerome Powell, le président de la Fed, ait opéré un virage à 180 degrés à la fin de l'an dernier, relève davantage de l'impuissance que de la toute-puissance. La plupart des économistes doutent par ailleurs que ces mesures aient plus qu'une incidence symbolique sur la croissance et l'inflation. Ils recherchent plutôt leur salut dans une politique budgétaire plus souple, surtout en Allemagne.Mais la situation actuelle comporte plusieurs bonnes nouvelles pour les Bourses. Sans revirement de politique monétaire des deux côtés de l'Atlantique, nous n'aurions pas pu connaître une cru boursier si clément - et les marchés s'en trouveront soutenus au cours des prochains mois, voire années. A long terme cependant, les risques pour le système financier augmentent: l'intervention des banques centrales occidentales fausse la perception des risques sur les marchés. A 0,9%, le taux de l'emprunt souverain italien à 10 ans, par exemple, ne reflète pas l'état réel (peu reluisant) de l'économie et des finances publiques de la botte.