Il est déjà arrivé que les indices européens affichent une plus-value de 15 à 20% sur trois mois, mais l'événement est tout de même assez exceptionnel. A plus forte raison parce que ce mouvement s'est amorcé à la mi-octobre déjà, et que les gains depuis lors sont même supérieurs à 30%.
...

Il est déjà arrivé que les indices européens affichent une plus-value de 15 à 20% sur trois mois, mais l'événement est tout de même assez exceptionnel. A plus forte raison parce que ce mouvement s'est amorcé à la mi-octobre déjà, et que les gains depuis lors sont même supérieurs à 30%.Une évolution (plus) soutenue des marchés boursiers européens était prévue depuis au moins le début de l'an dernier. Le redressement économique s'est cependant fait attendre plus longtemps que prévu et le dossier ukrainien n'a pas facilité les choses... Il n'en fallait pas plus pour inquiéter l'investisseur européen en actions. Pourtant, la remontée annoncée a finalement eu lieu. Et pour une fois, toutes les pièces du puzzle européen s'assemblent parfaitement. La date la plus importante du trimestre pour les marchés financiers européens fut sans conteste celle du jeudi 22 janvier, le jour où le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a annoncé qu'il lancerait lui aussi des mesures d'assouplissement quantitatif (QE). C'est cet élément qui a déclenché la forte hausse des Bourses européennes. La Grèce demeure un sujet délicat mais, jusqu'à nouvel ordre, sous contrôle. Par ailleurs, l'est-Ukraine bénéficie d'un cessez-le-feu. La faiblesse de l'euro et des cours pétroliers sont autant d'arguments supplémentaires en faveur des valeurs européennes. Les analystes et les investisseurs semblent convaincus que si le redressement économique (cyclique) n'intervient pas maintenant en Europe, il n'aura jamais lieu.Pas encore d'arrêts de jeuEntre 2011 et 2014, Wall Street s'est tellement bien comporté que ce premier trimestre en demi-teinte fait tache, et contraste avec la situation de l'Europe. On notera l'écart de valorisation, la perspective d'un revirement monétaire progressif par la Federal Reserve cette année, la vigueur du dollar qui pèse sur les résultats des multinationales américaines, largement représentées au sein des grands indices. Nous sommes prêts à parier que le deuxième trimestre sera nettement moins bon en Europe que le premier. Le message nuancé de la Banque centrale américaine a au moins temporairement interrompu l'ascension du dollar, et on note depuis quelques jours et semaines l'amorce d'un repli des Bourses européennes. Répétons-le : une correction intermédiaire serait seulement logique et saine.La hausse soudaine, absurde et inexplicable de l'action Dexia, l'afflux massif de liquidités dans les fonds d'actions européens, le retour de l'investisseur particulier en Bourse, l'annonce d'un grand nombre d'introductions en Bourse, etc., sont autant de signes que la hausse boursière en est déjà à un stade avancé. Pour autant, nous ne pensons pas que les arrêts de jeu (dangereux) soient imminents. Mais la situation appelle à une grande sélectivité dans l'investissement, et à tenir compte plus que jamais des valorisations. La liste des valeurs retardataires est de plus en plus courte. CMB, p. ex., est proche de son plancher des cinq dernières années, et le pessimisme dans le secteur du transport de vrac sec est énorme. Nous entrevoyons donc un potentiel dans ce secteur (lire la rubrique Portefeuille).