Les indicateurs macroéconomiques publiés ces derniers mois et semaines trahissent de manière assez cohérente le redressement économique de la zone euro. Le rachat par la Banque centrale européenne (BCE) d'obligations (d'Etat) à hauteur de 60 milliards EUR chaque mois n'y est évidemment pas étranger. La plupart des économistes s'attachent à présent à relever leurs perspectives de croissance, après avoir entamé l'année sur une note plutôt négative. Certains indicateurs étaient même tellement enthousiasmants que lors de la conférence de presse de la BCE d'avril dernier, son président Mario Draghi s'est vu interroger sur une éventuelle fin antici...

Les indicateurs macroéconomiques publiés ces derniers mois et semaines trahissent de manière assez cohérente le redressement économique de la zone euro. Le rachat par la Banque centrale européenne (BCE) d'obligations (d'Etat) à hauteur de 60 milliards EUR chaque mois n'y est évidemment pas étranger. La plupart des économistes s'attachent à présent à relever leurs perspectives de croissance, après avoir entamé l'année sur une note plutôt négative. Certains indicateurs étaient même tellement enthousiasmants que lors de la conférence de presse de la BCE d'avril dernier, son président Mario Draghi s'est vu interroger sur une éventuelle fin anticipée du programme de rachat d'obligations. A peine un mois après le début de sa mise en oeuvre... La réponse de Draghi fut sans équivoque : il n'est pas question d'interrompre prématurément le QE. Les interventions de la BCE n'ont pas seulement contribué à abaisser (encore !) les taux, mais aussi à affaiblir l'euro (EUR). Enfin le vent tourne en faveur des entreprises européennes par rapport à leurs pairs américains, chinois et japonais. Enfin elles sont avantagées dans la guerre des changes. Toutes les études sur les cours de change (pondérés) révèlent que l'euro est bon marché et que le dollar américain est cher, avec dans ces termes, depuis le début de l'année, un avantage concurrentiel de 8% pour les entreprises exportatrices européennes. Enfin un rééquilibrage a lieu au niveau économique mondial. Peloton européenCela dit, au sein de la zone euro également, les divergences restent importantes. Alors que selon les prévisions les plus récentes, la croissance du produit intérieur brut (PIB) pour la zone euro devrait ressortir à 1,5% (une augmentation par rapport à la précédente estimation de 1,3%), l'Espagne est en tête, avec une croissance attendue de son PIB de 2,8%. Or jusqu'au 4etrimestre 2013, l'économie espagnole traversait une période trouble, qui aura finalement duré 6 années. La récession a connu son paroxysme au 3etrimestre 2009 lorsque la 4e économie de la zone euro a reculé de 4,3%. L'embellie actuelle est confirmée par le PMI (indice des directeurs d'achat) le plus élevé de la zone euro (59,1 - les chiffres supérieurs à 50 trahissent une croissance) pour le mois d'avril. La sensible amélioration de la situation de la péninsule ibérique est une récompense pour les efforts consentis par les Espagnols ces dernières années. Le gouvernement conservateur du Premier ministre Mariano Rajoy a mis en place une série de réformes et entrepris des mesures d'économies drastiques, dont le pays récolte à présent les fruits.D'autre part, cette croissance n'arrive pas trop tôt pour le gouvernement actuel. Les élections régionales récentes ne furent pas a proprement parler un succès pour le Partido Popular de Rajoy. Les élections parlementaires seront organisées en novembre. L'actualité économique positive doit contribuer à réduire le pouvoir d'attraction que peuvent exercer sur la population des partis extrémistes tels que Podemos et Ciudadanos (à l'exemple de Syriza en Grèce). Avec Banco Santander (le poids lourd de l'indice espagnol IBEX35, lire en rubrique Flash) nous souhaitons miser sur l'embellie économique espagnole et le 'rerating' des banques du pays.