Les indices boursiers européens ont connu une hausse sans précédent l'année dernière, emboîtant le pas à leurs pendants américains pour la première fois depuis 10 ans. Leur retard chronique appartient désormais au passé. Depuis l'annonce, début novembre 2020, de l'efficacité des vaccins, l'indice Euro Stoxx 50 n'a plus rien à envier au Dow Jones, au S&P 500 ni même au Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques. Et la tendance devrait, selon nous, durer: nul besoin d'investir dans les géants de la technologie pour battre les indices.
...

Les indices boursiers européens ont connu une hausse sans précédent l'année dernière, emboîtant le pas à leurs pendants américains pour la première fois depuis 10 ans. Leur retard chronique appartient désormais au passé. Depuis l'annonce, début novembre 2020, de l'efficacité des vaccins, l'indice Euro Stoxx 50 n'a plus rien à envier au Dow Jones, au S&P 500 ni même au Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques. Et la tendance devrait, selon nous, durer: nul besoin d'investir dans les géants de la technologie pour battre les indices.Grâce à la politique budgétaire extrêmement accommodante, qui est venue se greffer sur une souplesse monétaire en vigueur depuis plusieurs années déjà, les entreprises des secteurs traditionnels ont vu leurs bénéfices rebondir aux Etats-Unis, mais, cette fois, aussi en Europe. Face à la crise sanitaire, l'Union européenne (UE) a réagi autrement que face à la crise bancaire. A l'époque, la Banque centrale européenne (BCE) avait mis plusieurs années avant de recourir à un assouplissement quantitatif, tandis que, de l'autre côté de l'Atlantique, la Réserve fédérale assouplissait rapidement sa politique monétaire et procédait à des rachats d'obligations. Les gouvernements européens s'étaient en outre engagés à respecter la discipline budgétaire et à réduire leurs déficits, ce qui a plongé le Vieux Continent dans une période déflationniste, marquée par une faible croissance. Logiquement, les indices européens se sont laissé distancer par le S&P 500, et plus encore par le Nasdaq. Alors que l'Euro Stoxx 50 n'a gagné que 19% en 20 ans (même si les dividendes ont permis d'obtenir un rendement total de 147%, ou de 4,6% par an en moyenne), l'indice phare américain a progressé de 319%, soit un rendement total supérieur de 375 points de pourcentage (522% contre 147%), ou une moyenne annuelle de 9,6%. L'Euro Stoxx 50 a encore du chemin à parcourir (concrètement, il doit gagner 25 à 30%) avant de revenir à son sommet historique de mars 2000, à 5.522 points, car les actions des secteurs bancaire et des télécommunications ont dévissé au cours des deux dernières décennies. L'indice néerlandais AEX et, très récemment, son pendant français, le Cac 40, sont parvenus à franchir leur sommet historique, établi il y a 21 ans. Le Stoxx 600, large indice européen, a pour sa part réussi à se hisser au-delà de 400 points. Le Bel 20 porte encore les stigmates de la crise bancaire de 2008-2009, mais il s'approche de nouveau de son sommet de 2007, au-dessus de 4.700 points. Il serait temps, nous direz-vous. N'oublions pas que les indices américains ont atteint plus de 60 nouveaux records rien que cette année... Pour l'indice belge, pulvériser le record historique cette année serait un exploit. Il faudra vraisemblablement attendre 2022 pour voir ce scénario se concrétiser.