Plus encore que le dernier trimestre de 2018, le trimestre qui s'achève a été un cauchemar pour les investisseurs en actions. Certains craignent même que la période soit pire encore que la crise de 2008-2009 - même si en termes absolus, le dévissage de mars 2009 fut bien plus marqué.
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Plus encore que le dernier trimestre de 2018, le trimestre qui s'achève a été un cauchemar pour les investisseurs en actions. Certains craignent même que la période soit pire encore que la crise de 2008-2009 - même si en termes absolus, le dévissage de mars 2009 fut bien plus marqué.Pour autant, le moment est historique: jamais auparavant un indice boursier phare comme le Standard&Poor's 500 (S&P 500) n'avait accusé un repli de plus de 20% depuis son sommet (historique, de surcroît) en seulement 16 jours! Le plongeon n'avait pas été aussi rapide en 2008 - ni en 2000, ni même lors du plus grand krach de l'histoire de Wall Street, en 1929, qui détenait le précédent record baissier, mais sur une période deux fois plus longue. Plusieurs séances, y compris pour le Bel 20 et le S&P 500, figurent dans le top 10 des plus nets reculs jamais enregistrés.Tant qu'il n'y aura pas de vaccin contre le Covid-19, le confinement restera la seule manière de juguler son expansion. Mais les mesures prises ont une incidence énorme sur l'économie et donc, sur les bénéfices des entreprises. La question n'est donc plus de savoir si nous connaîtrons une récession, mais plutôt quelle sera son ampleur et surtout combien de temps elle durera. Tout dépendra bien sûr de notre capacité à endiguer rapidement le Covid-19. Le cas chinois nous montre que la quarantaine et le confinement sont (le début de) la solution. Mais tout le monde ne fait pas preuve de la même discipline pour lutter contre le coronavirus, ce qui rend sa maîtrise bien malaisée et alourdit la facture. D'autre part, les affres de 2008-2009 étant encore frais dans nos mémoires, les gouvernements et les banques centrales veulent à tout prix éviter une nouvelle crise bancaire et financière malgré cette profonde crise sanitaire et la crise économique qui s'ensuivra. La Réserve fédérale et la Banque centrale européenne ont déjà déployé l'artillerie lourde pour maintenir à flot l'économie, les banques et les marchés financiers. Jeremy Powell (Fed) et Christine Lagarde (BCE) ont affirmé qu'ils feraient ce qu'il faudra - et tiennent leurs promesses. Si le Covid-19 est l'ennemi public numéro un, les gouvernements et surtout les banques centrales sont les alliés des Bourses, et particulièrement des métaux précieux, qui se sont arrachés à leur plancher et nous promettent quelques belles années. Il est en revanche probablement encore trop tôt pour évoquer un plancher des marchés d'actions en mars. Ce dernier sera peut-être atteint au 2e trimestre, ou au plus tard pendant l'été... La Fed pourrait toujours décider de dégainer l'arme ultime et racheter des actions, comme le fait la Banque du Japon depuis des années; cela pourrait ouvrir la voie à de nouveaux records et même à un pic supérieur à 4.000 points, au cours des prochaines années, pour l'indice phare américain. Mais nous devons d'abord terrasser le Covid-19... et la tâche s'annonce ardue.