On ne peut pas encore affirmer avec certitude que le renversement de situation est un fait dans le secteur agricole. Même si le plancher semble avoir été atteint pour la plupart des valeurs. Les prix et actions agricoles suivent une tendance baissière depuis déjà près de cinq ans. Pour notre part, un phénomène pourrait pourtant changer la donne : El Niño. À l'évidence, le " Courant de l'enfant Jésus " (surnom attribué par les pêcheurs péruviens en référence au phénomène qui survient généralement aux environs de Noël) est de retour. Ses retombées sont de plus en plus notables. Tant en Amérique Latine qu'en Asie et...

On ne peut pas encore affirmer avec certitude que le renversement de situation est un fait dans le secteur agricole. Même si le plancher semble avoir été atteint pour la plupart des valeurs. Les prix et actions agricoles suivent une tendance baissière depuis déjà près de cinq ans. Pour notre part, un phénomène pourrait pourtant changer la donne : El Niño. À l'évidence, le " Courant de l'enfant Jésus " (surnom attribué par les pêcheurs péruviens en référence au phénomène qui survient généralement aux environs de Noël) est de retour. Ses retombées sont de plus en plus notables. Tant en Amérique Latine qu'en Asie et en Australie. Selon l'Australia Bureau of Meteorology, le phénomène climatique El Niño pourrait du reste être le plus violent depuis le début de la prise de mesures en 1950. Le phénomène le plus récent a été observé en 2009-2010, le plus violent remonte à la fin du siècle dernier (1997-1998), et l'actuel semble plus dévastateur encore. Bien que ces dernières semaines, il semble s'être calmé.El Niño, un phénomène vieux de plusieurs siècles, survient tous les deux à neuf ans, lorsque les alizés se heurtent à un vent d'ouest puissant qui bloque les eaux de surface chaudes près de l'Amérique Latine, et cause sécheresse en Asie et fortes précipitations en Amérique Latine. La plupart des pays latino-américains et asiatiques ont déjà prévenu de l'impact négatif du phénomène sur leurs récoltes (futures). Notons que les prix du café, de l'huile de palme, du cacao, du caoutchouc et, dans une moindre mesure, des céréales (soja), n'ont pas encore réellement réagi aux premiers signaux. Ceci dit, la première conséquence d'El Niño est bel et bien la réduction des récoltes. Lors de la précédente vague, entre 2009 et 2010, les récoltes d'huile de palme ont par exemple baissé de 5,9% ; en 1997-1998, de 16,8%. Les observateurs spéculent à présent sur la survenance probable de la Nina (la " Petite fille ", phénomène associé à El Niño) (40% de probabilité). Les eaux chaudes sont suivies le cas échéant par des courants froids, ce qui provoque des précipitations supplémentaires en Asie et en Amérique. Leur impact est cependant plus limité.Ce phénomène climatique accroît en tout cas la probabilité que le plancher de la plupart des matières premières agricoles ait été atteint. Ce qui pourrait préfigurer une hausse des bénéfices et des cours de Bourse des actions du secteur. Nous anticipons un effet de cours positif, qui dépendra bien sûr de l'impact d'El Niño et d'autres facteurs.Nous avons misé largement sur le thème de l'agriculture pour 2016-2017. Les résultats ne sont pas encore satisfaisants, même si l'offre sur Syngenta (lire le Portefeuille en page 12) est une première victoire. Nous attendons également des évolutions chez Sipef et le groupe allemand Suedzucker. C'est essentiellement Potash Corporation qui a jusqu'ici déçu nos attentes (lire en page 5). Le numéro un des outils agricoles, Deere&Company, figure dans le S&P500 et dépend également de l'économie américaine. C'est pourquoi nous souhaitons accumuler Potash et réduire notre position dans Deere.