Fin mars, la livre de cuivre est passée sous les deux dollars pour la première fois depuis 2016. En Chine, d'où provient la moitié de la demande mondiale de cuivre, l'activité industrielle était à ce moment-là pratiquement à l'arrêt depuis janvier; quant aux autres économies, elles se calfeutraient l'une après l'autre. Cinq mois plus tard, la situation est totalement différente et le prix du cuivre est remonté de moitié.
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Fin mars, la livre de cuivre est passée sous les deux dollars pour la première fois depuis 2016. En Chine, d'où provient la moitié de la demande mondiale de cuivre, l'activité industrielle était à ce moment-là pratiquement à l'arrêt depuis janvier; quant aux autres économies, elles se calfeutraient l'une après l'autre. Cinq mois plus tard, la situation est totalement différente et le prix du cuivre est remonté de moitié.Mi-août, le cuivre a atteint trois dollars la livre, ce qui n'était plus arrivé depuis juin 2018. Les Etats ont ouvert les robinets en grand; la Chine a affecté depuis le début de l'année 700 milliards de dollars à des mesures de soutien, dont plus de 60% pour des projets d'infrastructure. Les Etats-Unis ont eux aussi adopté un plan de relance à grande échelle, qui fait la part belle aux investissements dans les infrastructures et les énergies vertes. Tout cela a un effet positif sur la demande de cuivre. Un quart environ du cuivre disponible est utilisé dans la construction et 65%, dans diverses applications électriques, comme l'électronique grand public et les voitures électriques; celles-ci contiennent quatre fois plus de cuivre que les voitures traditionnelles et deux fois plus que les véhicules hybrides. Les parcs éoliens sont de grands consommateurs de cuivre eux aussi.Or l'offre est en ce moment insuffisante. Les principaux producteurs se trouvent en Amérique du Sud et la crise sanitaire empêche partiellement ou totalement plusieurs mines péruviennes et chiliennes de tourner. Rio Tinto et BHP Billiton ont revu leur production prévisionnelle pour 2020. On y pense moins, mais l'offre de déchets de cuivre a chuté - alors que cette activité représente 35% de l'approvisionnement total, la collecte de ferraille est quasi à l'arrêt. La hausse de la demande et la réduction de l'offre ont fait tomber les stocks de cuivre enregistrés au London Metal Exchange à leur niveau le plus bas depuis 2007. Le prix pour livraison immédiate excède celui des contrats à terme, ce qui traduit une pénurie physique.Le marché s'intéressera bientôt à la période post-Covid. Divers processus vont redémarrer et les Etats vont probablement réduire leurs mesures de soutien. Le conflit qui oppose les Etats-Unis à la Chine, de même que le Brexit, vont repasser à l'avant-plan. Après l'augmentation de 50%, il n'y a donc plus lieu de se ruer sur le cuivre.