Le secteur agricole est très agité en ce moment. Ce qui vient étayer notre conviction que les prix agricoles, et donc les actions du secteur, approchent un point d'inflexion. Ces prix ont suivi une tendance largement baissière ces 4,5 dernières années, et l'élément qui provoquera l'inflexion sera selon nous El Niño. A l'évidence, le " courant de l'enfant Jésus " (un surnom attribué par les pêcheurs péruviens du fait que le phénomène survient généralement aux environs de Noël) est de retour. A Singapour, les écoles ont déjà dû fermer leurs portes et beaucoup d'habitants portent u...

Le secteur agricole est très agité en ce moment. Ce qui vient étayer notre conviction que les prix agricoles, et donc les actions du secteur, approchent un point d'inflexion. Ces prix ont suivi une tendance largement baissière ces 4,5 dernières années, et l'élément qui provoquera l'inflexion sera selon nous El Niño. A l'évidence, le " courant de l'enfant Jésus " (un surnom attribué par les pêcheurs péruviens du fait que le phénomène survient généralement aux environs de Noël) est de retour. A Singapour, les écoles ont déjà dû fermer leurs portes et beaucoup d'habitants portent un masque pour s'épargner les retombées des incendies de forêts indonésiennes, eux-mêmes conséquences de la sécheresse persistante. Selon le National Center for Atmospheric Research au Colorado (USA), cet épisode El Niño pourrait devenir l'un des trois plus puissants depuis le début des prises de mesures en 1950. On parle déjà du " plus ravageur de l'histoire ". Le phénomène le plus récent remonte à 2009-2010, et le plus puissant date de la fin du siècle dernier (1997-1998).El Niño survient tous les deux à neuf ans, lorsque les alizés se heurtent à un vent d'ouest puissant, qui bloque les eaux de surface chaudes près de l'Amérique latine et y cause de fortes précipitations ainsi qu'une sécheresse en Asie. Son paroxysme survient généralement pendant cette période (septembre-novembre). Tous les pays latino-américains et asiatiques ont déjà prévenu de l'impact négatif du phénomène sur leurs récoltes (futures). Notons que les prix du café, de l'huile de palme, du cacao, du caoutchouc et, dans une moindre mesure, des céréales (soja), n'ont pas encore réellement réagi aux premiers signaux. Ceci dit, la première conséquence d'El Niño est la réduction des récoltes. Lors de la précédente vague, entre 2009 et 2010, les récoltes d'huile de palme ont par exemple baissé de 5,9% ; en 1997-1998, de 16,8%.Amélioration du sentimentLa probabilité augmente dès lors que le plancher de la plupart des producteurs agricoles ait été atteint, ce qui devrait profiter aux bénéfices et cours de Bourse de leurs actions. Nous prévoyons un effet de cours positif. Naturellement, ceci dépendra de l'impact d'El Niño et d'autres paramètres. Mais en moyenne, nous tablons sur 20 à 30% de hausse au cours des 6 à 12 prochains mois.C'est pourquoi nous investissons actuellement dans ce thème. Les positions dans le géant des engrais Potash Corporation, le groupe de plantations Sipef et le champion de la protection phytosanitaire Syngenta ont déjà été étoffées. Le groupe allemand Suedzucker a pu relever, pour la première fois depuis longtemps, son chiffre d'affaires et le résultat pour 2015-2016, et s'est même vu attribuer un conseil d'achat par Goldman Sachs. Aujourd'hui, nous vous présentons à nouveau le numéro un des engins agricoles, Deere&Company. Notre intention est de réintégrer cette valeur en portefeuille (lire le Flash en page 7).