Le premier semestre 2015 a affiché deux visages : le premier trimestre fut remarquable pour les marchés boursiers et obligataires européens, tandis que le second, qui vient de se clôturer, fut particulièrement maussade. Globalement, si le premier semestre n'est donc pas extraordinaire, comme le début de la période aurait pu l'augurer, il est néanmoins bon. Au niveau des indices, ceci implique donc une hausse de 10 à 15%, au lieu de 20 à 25% au bilan du premier trimestre. Les trois premiers mois furent marqués par les manoeuvres de Mario Draghi (lancement du QE dans la zone euro, rachat mensuel d'obligations d'Etat à hauteur de 60 milliar...

Le premier semestre 2015 a affiché deux visages : le premier trimestre fut remarquable pour les marchés boursiers et obligataires européens, tandis que le second, qui vient de se clôturer, fut particulièrement maussade. Globalement, si le premier semestre n'est donc pas extraordinaire, comme le début de la période aurait pu l'augurer, il est néanmoins bon. Au niveau des indices, ceci implique donc une hausse de 10 à 15%, au lieu de 20 à 25% au bilan du premier trimestre. Les trois premiers mois furent marqués par les manoeuvres de Mario Draghi (lancement du QE dans la zone euro, rachat mensuel d'obligations d'Etat à hauteur de 60 milliards EUR). La décision a été prise en janvier, soit quelques jours à peine avant les élections parlementaires en Grèce. Comme le marché le craignait, celles-ci ont été remportées par le parti de gauche Syriza, d'Alexis Tsipras, qui n'avait pas caché qu'il ne partageait pas la logique restrictive de l'Union européenne. Cela dit, au cours des premiers mois de l'année, l'attention s'était surtout concentrée sur la faiblesse des taux, de l'euro et des cours pétroliers, qui incitaient tant les économistes que les investisseurs à espérer un redressement économique (cyclique) en Europe.C'est à partir de la seconde moitié du mois de mai, et à plus forte raison en juin, que le dossier grec est revenu à l'avant de la scène. Les négociations entre le gouvernement grec et ses créanciers semblaient alors bloquées, rendant le scénario de " Grexit " de plus en plus probable, et emportant au passage les juteuses plus-values engrangées jusque-là en Bourse.Le parcours des marchés européens fut aussi passionnant et fluctuant que celui de ses homologues d'outre-Atlantique fut ennuyeux et monotone. Sur Wall Street en effet, seules quelques (importantes) acquisitions ont permis de donner vie aux tables de cotation ; le revirement imminent de la politique de taux de la Federal Reserve a maintenu les investisseurs à l'écart. Il s'ensuit que, trois ou six mois plus tard, nous sommes toujours proches du niveau initial de janvier 2015. Pas de tragédieCe même thème monétaire est appelé à jouer un rôle important au second semestre. Même s'il est clair depuis quelque temps déjà que la Fed fera preuve de beaucoup de prudence dans ses manoeuvres de relèvement. Elle ne devrait d'ailleurs pas aller au-delà d'une augmentation purement symbolique de son taux directeur. A court terme, c'est la Grèce qui soufflera le chaud et le froid sur les marchés. En l'occurrence, un accord semble à nouveau envisageable mais, même si le scénario du Grexit était privilégié, nous ne pensons pas que les Bourses européennes changeraient radicalement d'orientation. La période devrait être agitée, mais nous n'anticipons pas de tragédie grecque pour autant. Rien de transcendant en tout cas. La BCE, en adaptant les modalités de son QE, est en mesure d'absorber le choc et d'éviter la contagion à d'autres pays sud-européens, de manière à ne pas compromettre le redressement économique. La hausse boursière est certes déjà à un stade avancé, mais pas encore en phase d'arrêts de jeu (dangereux). La sélectivité et une attention de plus en plus grande pour la valorisation seront cependant nécessaires.