Bien qu'il ne domine plus Wall Street (le Standard & Poor's 500 lui a ravi la place), il reste probablement l'indice boursier le plus célèbre du monde: nous parlons du Dow Jones. Cet indice "historique" est aujourd'hui proche des 36.000 points, un objectif qui nous paraît raisonnable à moyen terme. Peut-être l'intitulé Dow 36.000: Nouvelle stratégie pour profiter de la future hausse des marchés boursiers vous dit-il quelque chose. Dans cet ouvrage retentissant paru en octobre 1999, le chroniqueur James Glassman et l'économiste Kevin Hassett affirmaient que les actions étaie...

Bien qu'il ne domine plus Wall Street (le Standard & Poor's 500 lui a ravi la place), il reste probablement l'indice boursier le plus célèbre du monde: nous parlons du Dow Jones. Cet indice "historique" est aujourd'hui proche des 36.000 points, un objectif qui nous paraît raisonnable à moyen terme. Peut-être l'intitulé Dow 36.000: Nouvelle stratégie pour profiter de la future hausse des marchés boursiers vous dit-il quelque chose. Dans cet ouvrage retentissant paru en octobre 1999, le chroniqueur James Glassman et l'économiste Kevin Hassett affirmaient que les actions étaient nettement sous-valorisées et que le Dow Jones atteindrait les 36.000 points en 2002-2004. A une époque où les marchés boursiers étaient orientés à la hausse depuis de nombreuses années déjà (le Dow Jones, par exemple, était passé d'environ 800 points en 1982 à plus de 10.000 points au moment de la publication du livre), la prédiction était pour le moins audacieuse. Pour les auteurs, les actions n'avaient pas à être assorties d'une prime de risque par rapport aux investissements "sûrs" que sont notamment les obligations.Au mois de janvier 2000, le Dow Jones a atteint 11.750 points, avant de tomber à 7.250 points en octobre 2002 puis aux alentours de 6.500 points en mars 2009 (tout en étant passé par un sommet à 14.150 points en octobre 2007). James Glassman et Kevin Hassett étaient pourtant tellement sûrs de leur fait qu'ils se sont engagés à donner 1.000 dollars chacun à une organisation caritative si l'indice n'atteignait pas au moins la moitié de la fourchette comprise entre 10.000 et 36.000 points (en d'autres termes, s'il ne franchissait pas la barre des 23.000 points) en 2010 au plus tard. Or il a fallu attendre octobre 2017 pour que les 23.000 points soient atteints. Et le début de l'année 2010 pour que les deux hommes admettent leur erreur et fassent don à l'Armée du Salut des 1.000 dollars promis. Après une hausse vigoureuse et soutenue du marché boursier, seuls les ouvrages qui continuent à prévoir une progression spectaculaire peuvent à l'évidence devenir des best-sellers. Le chroniqueur et l'économiste ont sans doute tiré de juteux profits (déduction faite des 1.000 dollars) de la vente de leur livre à l'époque et pourtant, ils avaient complètement tort. Nous n'excluons pas que, dans son ascension finale vers un sommet historique, le Dow Jones dépasse 40.000, voire 50.000 points, même si c'est peu probable. Si ce devait néanmoins être le cas, il ne nous resterait plus qu'à attendre le best-seller qui expliquerait par exemple que, les taux d'intérêt étant condamnés à rester bas pendant des décennies, le Dow Jones finira par atteindre les 100.000 points - il serait alors vraiment temps d'acter les bénéfices! Car s'il est un biais commun aux investisseurs en actions, c'est bien la pensée linéaire dictée par le contexte. Ne nous laissons pas induire en erreur, cette fois.