Donald Trump a à son actif un certain nombre de résultats appréciables. Le taux d'emploi américain n'avait plus été aussi élevé depuis des années; jusqu'à l'éclatement de la pandémie du moins, l'économie était florissante; la fiscalité a été considérablement allégée et la Bourse affiche une progression extraordinaire. Evidemment, le président sortant laisse aussi un certain nombre de casseroles. Le budget a dérapé (comme dans de nombreux autres pays, cela dit), les i...

Donald Trump a à son actif un certain nombre de résultats appréciables. Le taux d'emploi américain n'avait plus été aussi élevé depuis des années; jusqu'à l'éclatement de la pandémie du moins, l'économie était florissante; la fiscalité a été considérablement allégée et la Bourse affiche une progression extraordinaire. Evidemment, le président sortant laisse aussi un certain nombre de casseroles. Le budget a dérapé (comme dans de nombreux autres pays, cela dit), les infrastructures sont négligées depuis bien trop longtemps et les relations commerciales avec la Chine et l'Europe sont très perturbées. Une partie du pouvoir est désormais aux mains des géants de la tech et, surtout, la lutte contre le Covid-19 sera l'un des plus gros chantiers dont hérite Joe Biden.Les démocrates américains sont généralement moins favorables au secteur privé que les républicains. Ils ne sont pas réticents à l'idée d'augmenter l'impôt ou de resserrer la réglementation, et vont jusqu'à oser s'attaquer aux bénéfices des entreprises. Le parti, qui a nettement glissé à gauche, va mettre la pression sur le successeur de Donald Trump pour qu'il taxe davantage les puissants groupes technologiques, dont les bénéfices partiraient dans ce cas à la baisse. L'instauration d'un salaire minimal, annoncée par Joe Biden, aurait des effets identiques. Enfin, oeuvrer, comme le nouveau président le souhaite, à la normalisation des relations économiques avec l'Europe et l'Asie, sera plus vite dit que fait. Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, la perspective de mise au point d'un vaccin n'a pas permis de soutenir le dollar américain (USD): l'horizon du marché des changes ne s'arrête donc pas à la pandémie. Sur le front de l'inflation, les nouvelles, en été, s'étaient révélées plutôt encourageantes, puisque le chômage avait augmenté plus rapidement aux Etats-Unis qu'en Europe. Mais une grande partie de ces emplois vacants étant désormais pourvus, le commerce de détail et la confiance des consommateurs repartent à la hausse, à un point tel que l'économie risque la surchauffe. Le déficit de la balance courante s'est considérablement creusé au deuxième trimestre. Tout porte donc à croire que le billet vert va continuer à se déprécier - jusqu'où exactement, nul ne peut le prédire, mais les experts n'excluent pas une baisse à 1,24-1,25 dollar pour un euro.