L'assemblée générale annuelle de Berkshire Hathaway, le véhicule d'investissement de Warren Buffett, vient tout juste de refermer ses portes, enfin, si l'on peut dire. Cette grand-messe se déroule normalement à Omaha, au Nebraska, devant une quarantaine de milliers d'actionnaires convaincus. Warren Buffett, qui compte parmi les investisseurs les plus prospères de tous les temps, et Charlie Munger, son bras droit, prennent la parole plusieurs heures durant. Il arrive même au super-investisseur d'égayer la rencontre au son de son ukulélé, un verre de Coca-Cola toujours à portée de main. Mais mesures de sécurité obligent, il s'est, cette année, adressé à une salle vide - même Charlie Munger a préféré rester chez lui. L'assemblée a donc eu, en ce sens, un petit côté historique.
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L'assemblée générale annuelle de Berkshire Hathaway, le véhicule d'investissement de Warren Buffett, vient tout juste de refermer ses portes, enfin, si l'on peut dire. Cette grand-messe se déroule normalement à Omaha, au Nebraska, devant une quarantaine de milliers d'actionnaires convaincus. Warren Buffett, qui compte parmi les investisseurs les plus prospères de tous les temps, et Charlie Munger, son bras droit, prennent la parole plusieurs heures durant. Il arrive même au super-investisseur d'égayer la rencontre au son de son ukulélé, un verre de Coca-Cola toujours à portée de main. Mais mesures de sécurité obligent, il s'est, cette année, adressé à une salle vide - même Charlie Munger a préféré rester chez lui. L'assemblée a donc eu, en ce sens, un petit côté historique.Pas de trade show, donc, cette année, ni de ce montage vidéo humoristique, mais confidentiel, sur lequel la réunion s'ouvre traditionnellement. La séance de questions-réponses qui précède normalement le volet formel a cette fois succédé au vote. Warren Buffett vieillit, c'est certain. Reste que malgré un débit plus lent et une voix désormais rauque, il s'est exprimé pendant quatre heures et demie: c'est moins que d'habitude, mais remarquable, pour un homme qui fêtera bientôt son 90e anniversaire. L'oracle d'Omaha était assisté de Greg Abel, vice-président des opérations non-assurance du conglomérat et l'un des candidats à sa succession - une question qui ne se pose toutefois pas encore: "Charlie est en bonne santé. Et moi aussi", a affirmé le multimilliardaire.L'assemblée générale de Berkshire Hathaway attire toujours beaucoup la presse, financière et autre. La manière extraordinairement prudente dont l'orateur s'est exprimé au sujet de la crise sanitaire n'est pas passée inaperçue. Des quelque 125 milliards d'euros que Berkshire Hathaway a convertis en espèces, pas un seul cent n'a encore été réinvesti, ce qui n'était jamais arrivé. Le conglomérat a au contraire cédé toutes ses participations dans des compagnies aériennes américaines, accusant au passage de lourdes pertes, phénomène tout aussi rare. Nous avons tiré dix enseignements du discours de Warren Buffett.Certains événements, comme la pandémie actuelle, sont imprévisibles. C'est pourquoi il ne faut jamais investir d'argent emprunté.La crise a fondamentalement remodelé des pans entiers de l'économie, dont celui de l'aviation. Berkshire Hathaway s'est défait de toutes ses actions dans les compagnies aériennes américaines, comme American Airlines et Delta Airlines, accusant non moins de 70% de perte au passage. Le principe qui consiste à maximiser les profits et à limiter les pertes n'a cette fois pas trouvé à s'appliquer. Il faut parfois faire contre mauvaise fortune bon coeur.Pour s'enrichir en Bourse, il convient de se fier aux résultats de ses propres recherches et analyses, à ses décisions et à sa stratégie commerciale. Pour l'investisseur débutant, la mission est ardue. Quoi qu'il en soit, il est essentiel de disposer d'un plan parfaitement étudié et de ne pas s'en écarter. L'application disciplinée d'une stratégie simplifie la prise de décisions tout en rendant les résultats mesurables, ce qui permet d'identifier les aspects de la stratégie qui fonctionnent et ceux qu'il convient d'ajuster.Le Covid-19 a infecté plus d'un million d'Américains et le confinement engendre des pertes d'emplois sans précédent. L'économie américaine a enregistré au premier trimestre sa plus forte chute depuis la crise financière - le krach a d'ailleurs fait perdre 50 milliards de dollars à Berkshire Hathaway. Mais rien ne peut arrêter l'Amérique. La magie, le miracle, américains, ont toujours triomphé, et il n'en ira pas autrement cette fois. Ce raisonnement, Warren Buffett s'y est accroché pendant la Seconde Guerre mondiale, pendant la crise des missiles de Cuba, après le 11-Septembre et lors de la crise financière. L'investisseur moyen investira principalement sur le marché au sens large, sans tenir compte des experts qui vantent les mérites de certaines actions individuelles. Pour la plupart des particuliers, investir dans un fonds indiciel S&P 500 constitue la meilleure solution. Il est également possible d'économiser sur les services de conseil, dont le prix est souvent exorbitant: parier sur les Etats-Unis et maintenir cette position des décennies durant est beaucoup plus lucratif qu'investir dans des effets publics ou se faire assister. Parmi les dépenses à prendre en considération figurent les frais de courtage, qui peuvent varier considérablement d'un intermédiaire à l'autre; mieux vaut également privilégier un courtier qui garantit une information transparente sur les coûts et les conditions du négoce.Il n'existe pas de moyen rapide et facile de s'enrichir. Il faut en tout état de cause commencer par investir en soi-même. Viser une croissance constante, apprendre sa vie durant, améliorer en permanence ses compétences et investir dans ce que l'on connaît et comprend. Rien de cela n'est nécessairement simple. Le super-investisseur, par exemple, s'est longtemps tenu à l'écart du secteur technologique - sa prise de participation dans Apple, entre autres, est très récente. Les monnaies virtuelles, qu'il affirme ne pas comprendre, ne le tentent toujours pas.Le plus mauvais des investissements est l'investissement qui n'existe pas. Les liquidités ne rapportent rien. Les comptes d'épargne sont grignotés par l'inflation. Pour faire fructifier un capital, il faut viser la rentabilité et voir dans le temps un allié. Opter pour des investissements que l'on ne reniera pas après dix ans. Ce qui signifie également qu'une action dont le cours évolue dans le bon sens ne se revend pas, même en cas de repli temporaire. Les décisions sont souvent dictées par les émotions, alors qu'il faut, au contraire, ne jamais s'écarter de son objectif.L'on ne mise jamais sur un seul cheval. Diversifier les risques, les portefeuilles, est crucial. Les investissements doivent être répartis entre différentes positions, secteurs, instruments et directions. Le recul d'une action sera compensé par la hausse d'une autre.La quatrième fortune mondiale a toujours apprécié les actions à dividende parce que, quelle que soit leur évolution sur le long terme, elles paient un dividende qui peut être réinvesti, ce qui crée un effet de levier. Le réinvestissement du dividende faisant boule de neige, un capital considérable s'accumule au fil des ans.Il ne faut pas acheter pour faire comme tout le monde, mais au contraire envisager d'acquérir lorsque les autres attendent ou ont peur. Les périodes de ralentissement économique, comme celle que nous traversons actuellement, sont le meilleur moment pour investir. Warren Buffett croule sous les propositions, mais il refuse de se précipiter. Les secteurs essentiels ont accès à de l'argent public très bon marché, l'investisseur privé, à diverses actions désormais très faiblement valorisées. Les crises ont toujours offert d'intéressantes opportunités d'achat, mais le multimilliardaire ne manifeste aucune hâte. Peu pressé d'acheter, il mange des glaces avec ses petits-enfants; les dossiers attendront.