Le début de cet automne ressemble à s'y méprendre à celui de 2015. Après le rapport sur l'emploi moins bon que prévu pour le mois d'août, la Federal Reserve est confrontée au même dilemme que l'an dernier: faut-il relever les taux en septembre (ce mercredi 21/9) ou est-il préférable d'attendre décembre (14décembre)? Début novembre (1-2 novembre) se réunit le Federal Open Market Committee (FOMC), qui décide de la politique de taux américains, mais cette réunion se tenant quelques jours seulement avant les élections américaines, le moment serait très mal cho...

Le début de cet automne ressemble à s'y méprendre à celui de 2015. Après le rapport sur l'emploi moins bon que prévu pour le mois d'août, la Federal Reserve est confrontée au même dilemme que l'an dernier: faut-il relever les taux en septembre (ce mercredi 21/9) ou est-il préférable d'attendre décembre (14décembre)? Début novembre (1-2 novembre) se réunit le Federal Open Market Committee (FOMC), qui décide de la politique de taux américains, mais cette réunion se tenant quelques jours seulement avant les élections américaines, le moment serait très mal choisi pour toucher aux taux. D'où l'alternative septembre/décembre.L'an dernier, Janet Yellen et les autres membres du comité monétaire se sont appuyés sur l'incertitude par rapport à la croissance de l'économie chinoise pour décider, contre toute attente, de ne pas procéder à un premier relèvement de taux historique depuis 2006, et de reporter cette étape en décembre. La Banque centrale américaine était encore crédible pour un moment. À la fin de l'an dernier, quatre augmentations de taux avaient été annoncées pour cette année, or aujourd'hui, à la mi-septembre, aucune n'est survenue. Au printemps - après un faible premier trimestre pour l'économie américaine -, il était déjà clair que seuls un ou deux relèvements auraient lieu.Outre le rapport de l'emploi, plusieurs autres indicateurs, comme l'indice ISM (des directeurs d'achat), ont trahi un repli dernièrement. Pour les gouverneurs, ce pourrait être un argument en faveur d'un nouveau report. Le contexte international est nettement plus serein qu'il y a douze mois, l'épisode du Brexit étant finalement bien mieux digéré par la communauté internationale que ce que l'on craignait initialement.Les partisans d'un relèvement de taux immédiat pointent du doigt la vigueur du marché de l'emploi, associée à un faible taux de chômage, qui exerce malgré tout une légère pression haussière sur l'inflation. Le chiffre de l'inflation américaine approche l'objectif de 2% et équivaut au double de celui de l'an dernier. Qui plus est, la plupart des économistes anticipent une augmentation ultérieure du niveau de prix général durant l'année à venir.On attend par contre de connaître l'argument politique, plus précisément l'issue des élections américaines. Qui sera le nouveau président? Aura-t-il également une majorité au parlement? L'élection de Donald Trump pourrait en tout cas provoquer un regain de volatilité sur les marchés financiers.Dans ce contexte, nous rejoignons le consensus selon lequel le relèvement de taux aura plutôt lieu en décembre. La Fed pourrait ainsi confirmer que nous nous trouvons dans un cycle de taux haussier, et préparer le marché suffisamment longtemps à l'avance pour que, comme l'an dernier, il ne réagisse pas démesurément à un deuxième relèvement de taux.