La Fed, rappelons-le, avait annoncé qu'elle adapterait sa politique monétaire dès que la conjoncture se raffermirait. Elle avait judicieusement diminué le seuil initial du taux de chômage de 7% à 6,5%. Si elle ne l'avait fait, elle serait dès aujourd'hui contrainte de durcir sa politique. Il faudra attendre la mi-décembre, lors de la réunion mensuelle des gouverneurs de la Fed, pour savoir quelle direction elle prendra. Dans l'attente, elle scrutera la moindre statistique afin d'éviter toute précipitation.
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La Fed, rappelons-le, avait annoncé qu'elle adapterait sa politique monétaire dès que la conjoncture se raffermirait. Elle avait judicieusement diminué le seuil initial du taux de chômage de 7% à 6,5%. Si elle ne l'avait fait, elle serait dès aujourd'hui contrainte de durcir sa politique. Il faudra attendre la mi-décembre, lors de la réunion mensuelle des gouverneurs de la Fed, pour savoir quelle direction elle prendra. Dans l'attente, elle scrutera la moindre statistique afin d'éviter toute précipitation.C'est que les derniers chiffres interpellent. Le pays a créé 203.000 emplois en novembre et le taux de chômage est retombé à 7% de la population active. Cependant, près de 265.000 personnes ne sont pas revenues pointer aux services du chômage. Ont-elles trouvé du travail ? Cela ne ressort pas du nombre publié. De plus, ce nombre reste inférieur à celui réalisé l'année passée à la même époque. Le redressement n'est donc pas garanti. La Fed élargira probablement son arsenal statistique avant de changer son fusil d'épaule.L'embellie est une nouvelle à double tranchant pour les banques. D'un point de vue purement économique, pour autant que les chiffres soient fiables - les statistiques américaines sont des estimations qui ne sont pas toujours correctes - l'amélioration est une excellente nouvelle. D'un point de vue financier, en revanche, elle annonce la hausse prochaine des taux d'intérêt et l'accélération de l'inflation. Ce qui compliquera le problème de résorption des dettes bancaires. D'autant plus que dès l'année prochaine, une kyrielle de mesures entreront en vigueur, diminuant les libertés d'action du secteur bancaire.Dans ce contexte, les grandes banques américaines réclament que les autres institutions opérant sur les mêmes marchés qu'elles soient soumises à la même réglementation. Pour argumenter leur position, elles ont demandé qu'une étude soit entamée par les autorités compétentes. Les banques visent principalement les courtiers en matières premières, tels que Cargill, Glencore, Trafigura ou Xstrata. Elles ne supportent pas que ces firmes puissent octroyer des crédits sans retenue à leur clientèle privilégiée.Malheureusement pour elles, l'étude démontre que ces firmes ne représentent aucun risque systémique. Si ces firmes octroient effectivement du crédit, elles ne le font qu'à leurs contreparties qui produisent des matières premières. Ces crédits ne sont rien d'autre que des contrats à terme. Ils ne font pas partie de ces produits sophistiqués qui réemballent des crédits existants par produits dérivés interposés. Autrement dit, leurs crédits n'ont aucun effet multiplicateur. L'étude a promptement été jetée à la poubelle.Avec l'embellie conjoncturelle en cours, les banques américaines souhaitent de nouveau pouvoir restructurer les dettes existantes via des produits dérivés afin d'en diffuser le risque auprès des investisseurs. Elles visent dans ce contexte les deux géants de l'hypothèque que sont Fannie Mae et Freddie Mac. Elles voudraient que leurs activités leur soient directement confiées. A leur place, elles souhaiteraient qu'un fonds de garantie voie le jour, une Federal Mortgage Insurance Corporation, à l'instar de la FDIC qui opère au niveau bancaire.Parallèlement, les banques continuent d'émettre des obligations pour renforcer leur capital. Elles s'endettent donc davantage pour se consolider ! Leurs émissions (principalement des cocos et autres obligations sécurisées décrites dans notre numéro précédent) rencontrent souvent du succès. Les demandes dépassent régulièrement le montant proposé, mais pas toujours, comme pour le Crédit Agricole. La banque française souhaitait récolter 1 milliard de dollars (USD) avec une nouvelle coco. Elle n'a reçu que pour 250 millions de demandes.Tous ces signaux contradictoires perturbent les marchés. Si les Bourses ont pu magistralement retourner leur tendance baissière, il en allait tout autrement sur le marché obligataire. On y dénombrait de 2 à 10 fois plus de titres à la baisse qu'inversement, selon la devise concernée. Les titres pourris se sont redressés alors que les industrielles de qualité et les souveraines s'effritaient. Les échelles des taux d'intérêt se sont partout raidies, avec une nette hausse des taux à long terme.Le marché des changes reste chahuté. Malgré l'embellie conjoncturelle, le dollar (USD) a cédé 0,4% face à l'euro (EUR). La performance de ce dernier est due à l'incertitude quant à la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne (BCE). Aucun assouplissement ni durcissement n'est prévu dans l'immédiat. La BCE laisse toutes les portes ouvertes. Le mouvement des capitaux a de nouveau fait des ravages. Le rand sud-africain (ZAR) en a été la victime principale, perdant 3,1%. Le réal brésilien (BRL) a cédé 2%, la lire turque (TRY) 1,4%. Même la couronne norvégienne (NOK) a fléchi de 1,35%. La banque centrale du pays s'inquiète ouvertement de la robustesse de la devise. Attitude identique du gouverneur de la banque centrale australienne. Le dollar (AUD) a de suite perdu 0,9%. Son homonyme néo-zélandais (NZD) a mieux résisté, se raffermissant de 0,2%. Autant d'occasions pour consolider les positions dans ces devises.Le regard des investisseurs belges sera probablement attiré par l'émission de La Lorraine Bakery Group (sans notation). Cette entreprise de boulangerie belge, propriétaire de Panos, opère dans plusieurs pays d'Europe de l'Est. Elle veut lever entre 40 et 75 millions EUR. Une émission de petite envergure donc, dont la négociabilité restera médiocre. Elle rapporte 1,89% de plus que la moyenne du marché, ce qui est plutôt faible. L'allemande HeidelbeergCement (Ba1), émetteur régulier, offre 1,39% de mieux avec son émission à 8 ans, ce qui est tout aussi chiche. Son titre s'échange contre 98,72% (3,44%) sur le marché gris. KBC Ifima (A-) lance à son ordinaire une émission à 5 ans dont le montant dépendra du succès auprès des souscripteurs. Aux conditions de souscription, le titre rapporte 0,79% de plus que la moyenne du marché, ce qui est à la limite de l'acceptable.ANZ (AA-) en AUD est correcte. L'émission convient pour la diversification ou la consolidation de positions dans cette devise. Les banques australiennes et néo-zélandaises sont parmi les plus robustes du monde occidental. Les conditions de la nouvelle émission en NZD au nom de l'ABN Amro Bank (A) sont attrayantes. Dommage que l'émetteur soit une banque, sans quoi nous lui attribuerions une recommandation. La livre (GBP) connaît un regain de succès. De nombreux émetteurs en profitent pour élargir leurs émissions antérieures. Les conditions des nouvelles tranches sont conformes à celles en vigueur sur le marché. Elles ne conviennent cependant qu'à ceux qui utilisent effectivement la GBP. Notez qu'il y a des jours d'intérêt encourus à régler : 48 pour l'ADB (AAA), 1 pour la Rentenbank (AAA) et 141 pour la DB (AA).