Sortons-nous d'une excellente saison de résultats? Au vu des données purement statistiques, la réponse est oui. En réalité, surtout si l'on considère les chiffres et les réactions qu'ils suscitent pour Euronext Bruxelles, les choses sont bien différentes - le succès n'est pas aussi éclatant qu'il y paraît.
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Sortons-nous d'une excellente saison de résultats? Au vu des données purement statistiques, la réponse est oui. En réalité, surtout si l'on considère les chiffres et les réactions qu'ils suscitent pour Euronext Bruxelles, les choses sont bien différentes - le succès n'est pas aussi éclatant qu'il y paraît.Il convient tout d'abord d'établir une distinction claire entre les saisons des résultats américaine et européenne. Les prévisions sont nettement plus optimistes outre-Atlantique. Selon les estimations de la multinationale de gestion de données financières FactSet, la hausse des bénéfices des entreprises du Standard & Poor's 500 devrait s'établir à 21% pour le premier trimestre de 2018. L'essentiel des chiffres ayant d'ores et déjà été publiés, ce résultat est pour ainsi dire acquis. La croissance devrait demeurer tout aussi soutenue au cours des prochains trimestres (19% au 2e, 22% au 3e et 17% au 4e en glissement annuel). Ces bonnes nouvelles ne procèdent évidemment pas seulement d'une économie mondiale prospère et de l'affaiblissement du dollar: il faut également y voir l'incidence de la réforme fiscale sur le taux d'imposition réel des entreprises américaines et la vague de rachats d'actions propres qui s'en est suivie. L'industrie pétrolière, les technologies et le secteur bancaire, entre autres, se sont montrés très performants au premier trimestre. Les quelques notes discordantes, au sein d'une industrie confrontée à une hausse des prix des matières premières et des coûts, ne prêtent pas à conséquence.L'Europe, elle, pronostique une croissance bénéficiaire qui ne dépassera pas 7% en moyenne pour les entreprises du Stoxx 600 au premier trimestre. La suite ne sera pas plus rose, puisque les prévisions font état de -2% au 2e trimestre, +15% au 3e et +2% au 4e. Nos entreprises ne bénéficient pas d'un remaniement de la fiscalité, sont handicapées par l'appréciation de l'euro et sont elles aussi confrontées à la hausse des prix des matières premières. Reste que le taux de croissance moyen escompté, de 9,5% pour l'ensemble de l'exercice, est extrêmement appréciable. Merci à la robustesse de l'économie mondiale.Le matériel statistique, pour les entreprises belges cotées en Bourse, est naturellement moins abondant. Quoi qu'il en soit, l'évolution relativement faible de l'indice BEL 20 ces dernières semaines s'explique principalement par plusieurs corrections sévères consécutives à la publication de résultats trimestriels décevants. Les replis de Solvay (-5,7%), Telenet (-5,8%, baisse journalière la plus marquée en six ans), UCB (- 6,6%) et surtout, bpost (-13,1%), sont encore dans toutes les mémoires.Nous avions pratiqué cette même analyse après la publication des résultats annuels de 2017: au niveau des indices, une saison de résultats peut difficilement changer la donne ou définir une tendance; en revanche, son effet sur les valeurs individuelles peut être marqué - surtout dans le mauvais sens. Après plusieurs années de hausse, les investisseurs se sont tout simplement habitués à ce que les entreprises annoncent des résultats florissants.