L'infrastructure américaine a pour le moins besoin d'un lifting. Une partie du réseau routier, des ponts, etc., n'est absolument pas digne d'une des économies les plus développées au monde. La conséquence d'environ trois siècles de sous-investissements dans l'infrastructure publique. Le budget d'investissements 2016 est par exemple inférieur de 23% à celui de 2003. Le pourcentage du produit intérêt brut (PIB) affecté par le pouvoir fédéral aux travaux d'infrastructure est retombé entre 2 et 3%. Le taux le plus bas depuis 1956.
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L'infrastructure américaine a pour le moins besoin d'un lifting. Une partie du réseau routier, des ponts, etc., n'est absolument pas digne d'une des économies les plus développées au monde. La conséquence d'environ trois siècles de sous-investissements dans l'infrastructure publique. Le budget d'investissements 2016 est par exemple inférieur de 23% à celui de 2003. Le pourcentage du produit intérêt brut (PIB) affecté par le pouvoir fédéral aux travaux d'infrastructure est retombé entre 2 et 3%. Le taux le plus bas depuis 1956. Nombre de rapports alarmants ont dénoncé la situation ces dernières années, comme celui de l'American Society of Civil Engineers (ASCE) qui attribuait un "D+", soit une note "médiocre", à l'infrastructure américaine en 2013. Le rapport précisait que la remise en ordre de l'infrastructure américaine exigeait un investissement total de 3.635milliards de dollars sur une période de huit ans. Soit une moyenne de 454milliards de dollars par an. Une majeure partie (1723milliards de dollars) de ce montant doit être affectée au réseau routier (y compris les ponts). Le réseau électrique nécessite, lui, 736milliards de dollars d'investissements. Le monde politique semble avoir pris la mesure du problème. À la fin de l'an dernier, le Parlement a ainsi approuvé le Fixing America's Surface Transportation Act (FAST), qui dégage 305milliards de dollars en vue d'investissements dans les autoroutes et le transport, notamment, sur la période 2016-2020. Si ce montant semble astronomique, il faut savoir que le rapport ASCE précité indique que des investissements encore (beaucoup) plus importants sont indispensables.Le futur président américain a manifestement l'intention de se saisir du dossier. Durant la campagne électorale, Hillary Clinton a dévoilé son plan, qui prévoit un budget de 275millions de dollars pour des investissements fédéraux dans l'infrastructure. La candidate démocrate veut également garantir 225milliards de dollars de prêts, afin qu'il soit possible d'investir encore 500milliards de dollars dans l'infrastructure au cours des prochaines années. Quant à Donald Trump, quoiqu'il n'ait pas accolé de chiffres précis à ses projets, son intention semble la même. À peu près tous les économistes s'accordent à dire que ce type de dépenses est non seulement nécessaire, mais également favorable à la croissance économique américaine. Même si les opinions sont partagées quant à leur incidence réelle sur l'économie américaine. Pour autant, les Européens auraient tort de pointer du doigt les Américains. Sur le Vieux Continent aussi, on économise sur les investissements publics depuis longtemps, et en particulier depuis la crise financière. Et si les économies n'y ont pas été aussi extrêmes qu'outre-Atlantique, elles restent considérables. Raison pour laquelle de plus en plus d'économistes et stratèges demandent aux pouvoirs publics d'accroître les investissements, en premier lieu dans l'infrastructure. Chez nous aussi, ces investissements doivent donner une nouvelle impulsion à la croissance. Les pouvoirs publics doivent prendre le relais des banques centrales dans la relance de l'activité économique et l'accroissement du niveau général des prix. Y compris au sein des cercles politiques européens, de plus en plus de voix s'élèvent en faveur de l'abandon de l'objectif d'un retour rapide à l'équilibre budgétaire. Si la tendance se confirme et que (progressivement) des incitants fiscaux se substituent aux incitants monétaires, les Bourses s'en porteront mieux. En particulier les valeurs sensibles à la conjoncture, qui pourront tirer parti des nouveaux investissements publics.