Il convient d'abord d'établir une distinction claire entre les deux. En tant que client des assurances Delta Lloyd, vous n'avez aucune inquiétude à nourrir à nos yeux. Bien qu'il ne soit pas du tout à l'ordre du jour : même dans le pire scénario possible _ une faillite _, votre contrat d'assurance-vie est couvert à concurrence de 100.000 EUR par le Fonds de protection des dépôts et instruments financiers. En revanche, les actionnaires ont beaucoup souffert ces derniers mois de la publication inattendue d'une perte pour le 1er semestre en août dernier. Depuis, le marché a anticipé une forte augmentation de capital rendue inévitable par les exigences de solvabilité plus strictes _ prévues par les normes Solvabilité II _ que l'Europe imposera aux compagnies d'assurance à partir de 2016. La direction a en outre tergiversé jusque fin novembre avant de fournir des informations concrètes au marché, ce qui a entraîné une baisse du cours de moitié. Et pour couronner le tout, les plans présentés n'ont pas convaincu les investisseurs e...

Il convient d'abord d'établir une distinction claire entre les deux. En tant que client des assurances Delta Lloyd, vous n'avez aucune inquiétude à nourrir à nos yeux. Bien qu'il ne soit pas du tout à l'ordre du jour : même dans le pire scénario possible _ une faillite _, votre contrat d'assurance-vie est couvert à concurrence de 100.000 EUR par le Fonds de protection des dépôts et instruments financiers. En revanche, les actionnaires ont beaucoup souffert ces derniers mois de la publication inattendue d'une perte pour le 1er semestre en août dernier. Depuis, le marché a anticipé une forte augmentation de capital rendue inévitable par les exigences de solvabilité plus strictes _ prévues par les normes Solvabilité II _ que l'Europe imposera aux compagnies d'assurance à partir de 2016. La direction a en outre tergiversé jusque fin novembre avant de fournir des informations concrètes au marché, ce qui a entraîné une baisse du cours de moitié. Et pour couronner le tout, les plans présentés n'ont pas convaincu les investisseurs et l'action a encore perdu 40%. Avant tout parce qu'ils se sont avérés plus lourds que prévu : une augmentation de capital supérieure aux attentes, mais entièrement souscrite (qui démarrera après la publication du rapport annuel sur l'exercice 2015, le 24 février 2016), la vente de la participation de 30% dans le spécialiste du private banking Van Lanschot et du portefeuille immobilier commercial. Le dividende de clôture pour l'exercice 2015 a été supprimé. De plus, le dividende de 130 millions EUR en cash prévu pour l'exercice 2016 a déçu. Toutes ces mesures doivent porter le ratio FS Solvabilité II de 136% à entre 175% et 180%, du côté supérieur de la fourchette prévue de 140% à 180%. Auparavant, le groupe avait déjà vendu Delta Lloyd Bank Belgique à l'assureur chinois Anbang Insurance Group pour 206 millions EUR. Une augmentation de capital était déjà intervenue en mars avec l'émission de 19,9 millions d'actions à 17 EUR par action, ce qui a porté le nombre d'actions en circulation à 228,6 millions. Le gros de l'augmentation de capital a été souscrit par Fubon Financial Holdings, qui a déposé plainte la semaine dernière contre Delta Lloyd dans une tentative _ probablement vaine _ de tenir Delta Lloyd pour responsable des pertes encourues. Puisque l'augmentation de capital de 1 milliard EUR entraînera au moins un doublement du nombre d'actions en circulation, nous conseillons aux actionnaires existants d'y souscrire. Je détiens encore des actions de Yingli Green Energy. Puis-je encore en espérer quelque chose, ou une faillite est-elle devenue irrémédiable ? L'action de Yingli Green Energy, l'ancien plus grand producteur verticalement intégré de panneaux solaires, a perdu la moitié de sa valeur depuis que nous en avons abaissé la note à "vendre" en mai dernier. La pression est terrible depuis le 15 mai, lorsque l'entreprise a été contrainte de reconnaître un réel risque de faillite dans son rapport annuel. Malgré la forte croissance des volumes de ces dernières années, Yingli ne parvient pas à redevenir rentable. Le dernier bénéfice trimestriel date déjà du 2e trimestre 2011 ! Depuis mai, tous les regards sont tournés vers l'énorme position de trésorerie : à 1,72 milliard USD en septembre, alors que la capitalisation boursière s'était réduite à 105 millions USD. A la mi-octobre, une filiale de Yingli a réussi de justesse à rembourser 70% (700 millions de renminbis chinois, RMB) d'une obligation échue. Les 357 millions RMB restants seront remboursés au 3e trimestre 2016. Pour y parvenir, Yingli a vendu des terrains inutilisés et des bâtiments inoccupés. Une nouvelle obligation arrivera à échéance en mai 2016, cette fois pour 1,4 milliard RMB. Afin de conserver le plus de liquidités possible, Yingli a décidé en septembre dernier de mettre un terme au partenariat signé en 2014 pour la construction de ses propres centrales d'énergie solaire. D'autres terrains sont également en vente, ainsi qu'un pipeline de projets photovoltaïques de 200 mégawatts (MW) au total, qui devrait rapporter 400 à 500 millions RMB. Les résultats se sont à nouveau détériorés avec la forte baisse des volumes cette année. Après des expéditions décevantes aux deuxième (728 MW) et troisième (460 MW) trimestres, les prévisions pour 2015 ont été abaissées à entre 2,35 et 2,4 gigawatts (GW), contre 3,6 à 3,9 GW initialement et 3,36 GW en 2014. Les prix de vente restent stables dans le meilleur des cas, et la tendance positive dans l'évolution de la marge brute _ qui a progressé de 10,9% en 2013 à 17,3% en 2014 _ s'est à nouveau complètement inversée : 14,1% au 1er trimestre, 6,3% au 2e trimestre et 8,6% au troisième. De plus, Yingli a acté une dépréciation de 3,8 milliards RMB (598 millions USD) sur sa capacité de production inutilisée, ce qui a réduit la valeur des immobilisations de 37% à 6,9 milliards RMB. Conséquence : les fonds propres sont désormais négatifs à hauteur de 3,17 milliards RMB. Après neuf mois, la perte nette ajustée s'élève à 1,12 USD par action, contre 0,72 USD l'an dernier. Chroniquement déficitaire, Yingli ne survit que par la grâce des banques. Nous confirmons dès lors notre conseil "vendre" (3C).