Depuis près de cinq ans, les prix des produits agricoles et les actions du secteur sont clairement orientés à la baisse. Le phénomène climatique El Niño devrait cependant changer la donne. À l'évidence, "le courant de l'enfant Jésus" (surnom attribué par les pêcheurs péruviens au phénomène, qui survient généralement aux environs de Noël) est de retour. Ses retombées sont de plus en plus notables. Tant en Amérique Latine qu'en Asie et en Australie. Selon l'Australia Bureau of Meteorology, El Niño pourrait être le plus violent depuis le début de la prise de mesures en 1950. Il survient lorsque les alizés se heurtent à un vent d...

Depuis près de cinq ans, les prix des produits agricoles et les actions du secteur sont clairement orientés à la baisse. Le phénomène climatique El Niño devrait cependant changer la donne. À l'évidence, "le courant de l'enfant Jésus" (surnom attribué par les pêcheurs péruviens au phénomène, qui survient généralement aux environs de Noël) est de retour. Ses retombées sont de plus en plus notables. Tant en Amérique Latine qu'en Asie et en Australie. Selon l'Australia Bureau of Meteorology, El Niño pourrait être le plus violent depuis le début de la prise de mesures en 1950. Il survient lorsque les alizés se heurtent à un vent d'ouest puissant, qui bloque les eaux de surface chaudes près de l'Amérique Latine et cause sécheresse en Asie et fortes précipitations en Amérique Latine. L'impact négatif du phénomène est manifeste sur leurs récoltes (futures). Jusqu'ici, les effets d'El Niño sur les prix avaient été atténués par les réserves abondantes de matières agricoles, principalement les céréales (maïs, blé, soja). Seules les réserves d'huile de palme sont inférieures, au niveau international, à leur niveau de 2010. C'est sur son prix que le phénomène a la plus grande incidence. Depuis début 2016, le prix de l'huile de palme a déjà progressé d'un quart. Lors de la vague précédente, entre 2009 et 2010, les récoltes d'huile de palme ont baissé de 5,9%, et entre 1997 et 1998, de 16,8%. Les observateurs spéculent à présent sur la survenance probable de La Niña (" la petite fille ", phénomène associé à El Niño; 50% de probabilité). Les eaux chaudes sont suivies le cas échéant par des courants froids, ce qui provoque des précipitations supplémentaires en Asie et en Amérique. Leur impact est cependant concentré généralement sur le continent américain ainsi que dans des pays essentiels pour le secteur agricole, comme le Brésil et les États-Unis.El Niño (suivi éventuellement cette année par La Niña) accroît en tout cas la probabilité que le plancher de la plupart des matières premières agricoles ait été atteint. Ce qui pourrait préfigurer une hausse des bénéfices et des cours de Bourse des actions du secteur. Nous avons donc misé sur cette évolution pour 2016-2017. Les résultats ne sont cependant pas encore satisfaisants jusqu'à présent.On épinglera cependant l'offre du groupe chinois ChemChina sur le champion de la protection des plantes Syngenta (lire également notre commentaire de portefeuille en page 12). Mais aussi l'évolution de cours positive de Tessenderlo Group, où nous sommes investis depuis le début. Cela dit, après le récent rebond de cours, un abaissement de conseil s'impose. Nous sommes pour l'heure déçus par l'évolution du géant des engrais Potash Corporation. Le phénomène de La Niña est en effet important pour Potash, compte tenu de l'impact escompté sur les prix des céréales (surtout le soja). Le groupe de plantations Sipef a accusé un certain retard par rapport à la hausse du prix de l'huile de palme cette année et doit le rattraper à présent. D'où la limite d'achat. Le potentiel du groupe allemand Suedzucker est pour sa part le moins important depuis les chiffres en demi-teinte. D'où la limite de vente.