La cybersécurité est l'activité qui consiste à sécuriser et à protéger les ordinateurs, les serveurs, les réseaux et surtout, les données, contre des attaques venues de l'extérieur. Très fréquents, les virus, le phishing, le rançonnage et le vol de données peuvent coûter extrêmement cher aux entreprises. Des cyberattaques sont déplorées dans le monde entier; près de chez nous, Picanol et X-Fab, entre autres, en ont été victimes cette année. Pour les experts, les attaques signalées ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Le Centre d'études stratégiques et internationales estime le coût de ces agissements à 600 milliards de dollars, soit 0,8% du produit intérieur brut mondial.
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La cybersécurité est l'activité qui consiste à sécuriser et à protéger les ordinateurs, les serveurs, les réseaux et surtout, les données, contre des attaques venues de l'extérieur. Très fréquents, les virus, le phishing, le rançonnage et le vol de données peuvent coûter extrêmement cher aux entreprises. Des cyberattaques sont déplorées dans le monde entier; près de chez nous, Picanol et X-Fab, entre autres, en ont été victimes cette année. Pour les experts, les attaques signalées ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Le Centre d'études stratégiques et internationales estime le coût de ces agissements à 600 milliards de dollars, soit 0,8% du produit intérieur brut mondial. Les difficultés, pour les entreprises, sont donc nombreuses. Selon le spécialiste des études de marché Gartner, les investissements dans la cybersécurité atteindront 136 milliards de dollars cette année, et 160 milliards en 2021. Le marché croît d'environ 15% l'an, soit une multiplication par deux en cinq ans seulement. Il s'agit d'un secteur très fragmenté, où maints petits acteurs opèrent au sein d'un même créneau. Les fusions et acquisitions y ont été nombreuses ces dernières années; le mouvement n'est pas encore achevé, mais la crise sanitaire l'a retardé. Les 10 plus grandes acquisitions ont atteint l'an passé une valeur cumulée de 30 milliards de dollars, contre à peu près la moitié à ce jour en 2020.La sécurisation des réseaux est la forme la plus classique de protection contre la cybercriminalité. Elle repose sur les pare-feu, ainsi que sur du matériel spécifique. Sont actives dans ce segment, notamment, Cisco, Palo Alto Networks, CheckPoint et Fortinet. Le pôle dont la croissance est la plus rapide est celui de la sécurité dans le cloud, auquel passent, partiellement ou totalement, de nombreuses entreprises depuis quelques années. La responsabilité de la sécurité repose avant tout sur les fournisseurs des services cloud eux-mêmes; Amazon, Microsoft et Alphabet, les trois plus grands, ont d'ailleurs fait de la question une priorité absolue et investi massivement à cet effet.En raison de la fragmentation du secteur et dans un souci d'efficacité, les clients sont de plus en plus demandeurs d'une plateforme qui combine tous leurs besoins en matière de sécurité. Ne travailler qu'avec un nombre très limité de fournisseurs leur plaît aussi. Palo Alto Networks, CheckPoint et Symantec, pour ne citer qu'eux, offrent des services de sécurité groupés. La cybersécurité est une activité à forte intensité de main-d'oeuvre, qui exige des ajustements permanents - on estime que 300.000 à 1 million de nouveaux programmes malveillants sont mis en ligne chaque jour.La sécurité des points de terminaison (l'ordinateur ou l'appareil mobile qui se connecte au réseau) est un sous-segment important lui aussi. Les entreprises installent leurs propres réseaux privés virtuels (VPN) et équipent les appareils de leur personnel de logiciels fournis par McAfee, Symantec et autres Trend Micro. Enfin, la protection du courrier électronique est indispensable, puisque non moins de 92% des logiciels malveillants atterrissent dans les ordinateurs et les réseaux par ce biais. Proofpoint est spécialisée dans cette niche.Palo Alto (ticker PANW, NYSE) a développé, grâce à un certain nombre d'acquisitions stratégiques, une plateforme de cybersécurité complète. La gestion et le contrôle des réseaux des entreprises (y compris les pare-feu) passent par la plateforme Panorama, la sécurité dans le cloud, par Prisma. Crypsis et CloudGenix, récemment acquises, sont intégrées dans ces plateformes. Les formules d'abonnement et le support représentent près de 70% du chiffre d'affaires du groupe, dont le modèle commercial porte donc résolument ses fruits. Le reste provient de la vente de produits. Les marges sont élevées et les cash-flows, stables. Palo Alto achève son exercice décalé (30 juillet) sur un chiffre d'affaires de 3,4 milliards de dollars (2,9 milliards, l'année précédente). Le consensus mise sur 4 milliards de dollars pour l'exercice en cours. Le groupe disposait au 30 juillet d'une trésorerie de 3,7 milliards de dollars, pour une dette de 3,4 milliards. Le titre n'est pas bon marché, mais sa forte croissance peut justifier la prime. Il mérite d'être acheté sur repli.Fortinet (ticker FTNT, Nasdaq), dont les produits s'appellent FortiGate, FortiSwitch ou encore, FortiWeb, est expert dans les pare-feu, les VPN, la sécurité dans le cloud et les Software Defined Wide Area Networks (SD WAN), un marché en pleine croissance. Il se concentrait jusqu'à récemment sur les petites et moyennes entreprises mais après plusieurs acquisitions (dont celle d'OPAQ Networks), il se tourne vers les grandes sociétés. Il est une véritable machine à liquidités - son cash-flow disponible atteint 900 millions de dollars par an. Avec plus de 1,5 milliard de dollars en espèces et 43 millions de dettes seulement, il affiche une insolente santé financière. Depuis qu'il rachète ses propres actions, le nombre de ses titres en circulation a diminué de 5% (l'an passé), et le programme s'accélère encore. Les frères Xie, respectivement CEO et chief technology officer de Fortinet, possèdent 7,5% et 4% des titres, ce qui traduit leur confiance dans le groupe. Le consensus table sur un chiffre d'affaires de 2,5 milliards de dollars pour l'exercice en cours, et de 2,9 milliards l'année prochaine. Fortinet est lui aussi digne d'un achat sur correction.Spécialiste de la cybersécurité depuis 1993, le groupe américano-israélien CheckPoint Software (ticker CHKP, Nasdaq) est loin d'être un nouveau venu sur le marché. Resté à la page, il est également actif, avec CloudGuard, dans la protection des plateformes dans le cloud et, avec SandBlast, dans celle des appareils mobiles. Il dégage un cash-flow disponible de 750 millions de dollars par an. Le secteur de la cybersécurité compte de nombreuses start-up qui appliquent une stratégie d'expansion agressive, comme CrowdStrike Holdings et Zscaler; rien de tout cela chez CheckPoint, qui est assis sur près de 4 milliards de dollars de liquidités et n'a aucune dette. Ce qui, compte tenu des valorisations élevées dans le secteur, ne nous paraît pas nécessairement constituer une mauvaise stratégie, l'inconvénient étant toutefois la quasi absence de croissance. Le chiffre d'affaires devrait passer à 2,05 milliards de dollars pour l'exercice (1,99 milliard, l'année dernière). Les observateurs misent sur 2,11 milliards. CheckPoint rachète ses propres actions, pour augmenter le bénéfice par action. Néanmoins, nous attendrions une nette correction pour l'acheter.Le logiciel développé par Proofpoint (ticker PFPT, Nasdaq) a recours à l'intelligence artificielle pour détecter les courriels dangereux et les tentatives de phishing. En acquérant ObserveIT, le groupe a élargi son offre à la surveillance des réseaux internes des entreprises. Proofpoint, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 888 millions de dollars l'année dernière, franchira cette fois la barre du milliard de dollars, pour atteindre, sans doute, 1,2 milliard en 2021. Tant le chiffre d'affaires que le bénéfice ont fait mieux que ce que prévoyaient les observateurs au deuxième trimestre. L'action n'en a pas moins cédé 15% après l'annonce des résultats trimestriels, parce que le nombre de nouvelles commandes était inférieur aux attentes. Le cash-flow disponible, de plus de 300 millions de dollars sur les quatre derniers trimestres, croît de 30% en glissement annuel. Proofpoint a commencé à racheter ses propres titres, dans le cadre d'un programme de 300 millions de dollars, le mois dernier; il applique le cours actuel, même si l'opération réduit de 5% environ le nombre des titres en circulation. Comme les autres, il peut être acheté sur correction.