Début 2016, le cuivre a atteint son plus bas niveau depuis 2009. Il a ensuite évolué dans une fourchette de cours assez étroite pendant la plus grande partie de l'année. C'est alors que sont intervenues les élections américaines et la promesse du président nouvellement élu Donald Trump de relancer l'économie à l'aide de grands travaux d'infrastructure. Pour le marché, c'était du pain bénit, et les investisseurs se sont empressés d'adopter des positions acheteuses. Entre début novembre et la mi-février, le prix d...

Début 2016, le cuivre a atteint son plus bas niveau depuis 2009. Il a ensuite évolué dans une fourchette de cours assez étroite pendant la plus grande partie de l'année. C'est alors que sont intervenues les élections américaines et la promesse du président nouvellement élu Donald Trump de relancer l'économie à l'aide de grands travaux d'infrastructure. Pour le marché, c'était du pain bénit, et les investisseurs se sont empressés d'adopter des positions acheteuses. Entre début novembre et la mi-février, le prix de la tonne de cuivre a gagné 40% et a atteint son plus haut niveau en près de deux ans. Si le cours du cuivre était déjà sous pression depuis plusieurs semaines, les pertes se sont accentuées lors de la remise en service de la mine d'Escondida au Chili, la plus grande au monde. Avec plus d'un million de tonnes par an, elle prend à son compte environ 5% de la production mondiale. Outre l'optimisme relatif à la croissance économique, le cuivre est confronté à plusieurs problèmes du côté de l'offre. Deux des plus grandes mines de cuivre au monde, Escondida et Grasberg en Indonésie, sont en proie à des troubles sociaux qui pèsent lourdement sur la production. Les ouvriers n'ont ainsi repris le travail à Escondida qu'après 44jours de grève. Le conflit social est loin d'être résolu, mais l'application provisoire de l'ancien contrat de travail a permis de mettre fin à la grève. En soi, la fin de ce conflit n'était pour les investisseurs qu'un alibi pour procéder à quelques prises de bénéfices. C'est d'ailleurs normal après l'ascension de ces derniers mois. Mais près de cinq mois après les élections, les marchés commencent aussi à se demander si l'optimisme est toujours justifié; si Trump ne parvient pas à convaincre son propre parti dans un dossier hautement symbolique (Trumpcare), comment peut-il espérer obtenir l'approbation des mesures de relance économique autrement plus coûteuses? Récemment, d'autres éléments se sont retournés contre le cuivre. La hausse des cours a accru l'offre de cuivre recyclé (scrap) sur le marché et les importations chinoises de cuivre raffiné ont encore reculé. Simultanément, les réserves de cuivre enregistrées sur le London Metal Exchange et le Shanghai Futures Exchange sont en hausse. Certes, ces réserves sont très volatiles et constituent pour plusieurs raisons un indicateur peu fiable de la demande finale. Mais leur évolution reste un paramètre important dans la fixation de cours. La tendance haussière semble donc rompue à court terme, même si un retour aux planchers de l'an dernier est peu vraisemblable.