Il y a un an seulement, les économistes n'avaient qu'un mot à la bouche pour qualifier la croissance des grandes nations planétaires: "synchronisée", un qualificatif qui n'avait pas été employé depuis bien longtemps. Au début de 2018, les marchés rêvaient d'une longue phase de croissance (modérée) mondiale; ils ont toutefois dû remiser leurs espoirs au placard. Les principales économies ont connu une évolution divergente: croissance robuste pour les Etats-Unis, notamment grâce à la baisse drastique de l'impôt des sociétés par Donald Trump, mais ralen...

Il y a un an seulement, les économistes n'avaient qu'un mot à la bouche pour qualifier la croissance des grandes nations planétaires: "synchronisée", un qualificatif qui n'avait pas été employé depuis bien longtemps. Au début de 2018, les marchés rêvaient d'une longue phase de croissance (modérée) mondiale; ils ont toutefois dû remiser leurs espoirs au placard. Les principales économies ont connu une évolution divergente: croissance robuste pour les Etats-Unis, notamment grâce à la baisse drastique de l'impôt des sociétés par Donald Trump, mais ralentissement toujours plus net pour les autres, voire réelles difficultés pour plusieurs pays émergents.Les signaux conjoncturels sont défavorables pour 2019. L'évolution des actions sensibles à la conjoncture ces derniers mois laisse augurer une décélération plus nette qu'attendu. Les conséquences pourraient se faire sentir bien plus lourdement que lors des ralentissements précédents, pour deux raisons. Premièrement, les banques centrales ont aujourd'hui moins de munitions. Seule la banque centrale américaine est parvenue ces dernières années à relever les taux, mais sa latitude pour les baisser est désormais réduite de moitié. Les banques centrales européenne et japonaise n'ont quant à elles aucune marge de manoeuvre en la matière. Les banques centrales pourraient à nouveau brandir l'arme de l'assouplissement quantitatif, mais personne ne sait si une telle mesure aura autant d'effet, d'autant plus que les bilans des banques centrales sont déjà bien gonflés.Les autorités publiques ont aussi bien moins de cartouches que jadis: elles ont beaucoup emprunté pour lutter contre les effets de la crise de 2008 et à quelques exceptions près, peinent à réduire leur dette depuis. Des mesures de soutien fiscal et autres investissements publics demeurent possibles, mais le cas de l'Italie montre que ces outils peuvent semer la panique sur les marchés.Cette situation n'est pas sans conséquence sur la stratégie d'investissement. L'essoufflement conjoncturel a déjà obéré la performance des Bourses européennes et asiatiques en2018. Si l'économie américaine montre elle aussi des signes de faiblesse, une correction plus nette semble inévitable à Wall Street également. Les places boursières pourraient ainsi connaître le plus fort déclin de la décennie, qui emporterait sur son passage les géants technologiques portés aux nues ces dernières années.Dans le cadre de la gestion de notre portefeuille modèle, nous préférons dès lors ne pas procéder à de nouveaux achats, mais exploiter tout éventuel rebond pour alléger (davantage) les positions en actions. L'on ne peut gagner une guerre qu'avec ses meilleurs soldats. Les actions qui ont déjà récemment montré des signes de faiblesse seront donc les premières cédées.