On ne soulignera jamais assez l'importance d'un redressement synchronisé de l'économie mondiale en général, et des économies européennes en particulier. L'on peut presque affirmer avec certitude (parce que seuls manquent les chiffres du quatrième trimestre) que les 45 pays suivis par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) achèvent l'exercice 2017 sur des résultats orientés à la hausse, ce qui ne s'était plus produit depuis le début de la crise, en 2008. Les injections massives de liquidités par les Banques centrales pendant de nombreuses années ont donc porté leurs fr...

On ne soulignera jamais assez l'importance d'un redressement synchronisé de l'économie mondiale en général, et des économies européennes en particulier. L'on peut presque affirmer avec certitude (parce que seuls manquent les chiffres du quatrième trimestre) que les 45 pays suivis par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) achèvent l'exercice 2017 sur des résultats orientés à la hausse, ce qui ne s'était plus produit depuis le début de la crise, en 2008. Les injections massives de liquidités par les Banques centrales pendant de nombreuses années ont donc porté leurs fruits, même si en ce début d'exercice, force est de constater que la croissance de l'économie mondiale demeure bien inférieure au niveau qui prévalait avant la crise bancaire. Jusqu'ici, seuls les marchés boursiers voyaient la vie en rose. Comme nous l'indiquions récemment encore, les perspectives, induites par les résultats et les bénéfices des entreprises, étaient excellentes. Qui plus est, les économistes et les stratégistes accusaient ces douze derniers mois systématiquement un temps de retard sur la réalité économique. Après de nombreuses années de croissance décevante, la plupart demeuraient récemment encore prudents dans leurs analyses et prévisions. Ce n'est plus le cas désormais : les perspectives de croissance ont été nettement relevées ces dernières semaines, renouant ainsi avec la réalité. C'est la raison pour laquelle nous répétons depuis le début de l'année que le tableau économique est plus encourageant que ne l'est la situation boursière. Tous les intervenants vont finir par se rendre compte que le redressement est réel et appelé à durer, ce qui ne pourra qu'entraîner une hausse des taux. De plus en plus de stratégistes osent annoncer que les marchés obligataires occidentaux s'apprêtent à vivre leur plus grand passage à vide (tendance baissière des cours obligataires; taux d'intérêt en hausse) des 40 dernières années. La pression sur les cours obligataires s'intensifie. Les Bourses n'en souffriront pas nécessairement tout de suite mais à Wall Street, plusieurs raisons d'acheter auront, cela dit, tôt fait de disparaître. L'accélération a porté le taux à deux ans des titres d'Etat américains à un niveau supérieur au rendement moyen des actions de l'indice Standard & Poor's 500: cet argument souvent avancé ces dernières années disparaît en d'autres termes d'ores et déjà. Par ailleurs, de la nette progression enregistrée par Wall Street ces deux dernières années, seul un tiers résulte d'une amélioration des bénéfices des entreprises, le reste découlant d'une hausse des valorisations. Le rapport cours/bénéfice de Shiller, qui prend en considération les bénéfices à long terme, a augmenté pour atteindre 31,3 - il n'a dépassé ce chiffre qu'une fois, en l'an 2000. Les éléments susceptibles d'engendrer un repli plus sensible en cours d'année sont donc bel et bien présents. C'est pourquoi l'investisseur désireux d'acheter des actions s'y mettra de préférence sans tarder.