Revenons sur le groupe de plantations Sipef, que nous avons intégré dans notre "top 5 pour le deuxième semestre". Le cours de l'huile de palme est enfermé dans une tendance baissière depuis son sommet de début 2011 aux alentours de 1300USD la tonne. La chute s'est encore accélérée, à l'automne 2014, à la suite de l'énorme baisse des cours du pétrole qui a complètement asséché la demande des producteurs de biodiesel. De plus, ces dernières années ont été marquées par des récoltes records, d'huile de palme proprement dite, mais aussi de soja, de colza et de tournesol, les principales cultures concurrentes pour les huiles végétales. Notamment sous l'influence d'une baisse de la production consécutive aux répercussions du phénomène météorologique El Niño, le cours de l'huile de palme s'est établi à 622USD la to...

Revenons sur le groupe de plantations Sipef, que nous avons intégré dans notre "top 5 pour le deuxième semestre". Le cours de l'huile de palme est enfermé dans une tendance baissière depuis son sommet de début 2011 aux alentours de 1300USD la tonne. La chute s'est encore accélérée, à l'automne 2014, à la suite de l'énorme baisse des cours du pétrole qui a complètement asséché la demande des producteurs de biodiesel. De plus, ces dernières années ont été marquées par des récoltes records, d'huile de palme proprement dite, mais aussi de soja, de colza et de tournesol, les principales cultures concurrentes pour les huiles végétales. Notamment sous l'influence d'une baisse de la production consécutive aux répercussions du phénomène météorologique El Niño, le cours de l'huile de palme s'est établi à 622USD la tonne sur une base annuelle en 2015, en baisse de 24,2% par rapport à 2014 (821USD la tonne). Sipef en a également subi les conséquences, surtout dans la province de Sumatra du Sud, et la production a moins progressé qu'espéré au cours des cinq premiers mois: la hausse s'établit à 6,32%, à 115.231tonnes, dont +5,76% (92.015tonnes) pour la production propre. L'entreprise reste toutefois en avance sur son objectif d'une croissance de la production de 5% par an au cours des dix prochaines années (+8,4% en 2015). La plupart des prévisions font état d'une poursuite de l'augmentation de la production au deuxième semestre. Avec une demande assez faible, on table sur un cours de l'huile de palme autour des niveaux actuels pour le reste de l'année. Cela suffira pour enregistrer un résultat légèrement meilleur que l'an dernier (le bénéfice net avait baissé de 59,8% à 21,1millions USD). Sipef a déjà vendu 51% de sa production annuelle attendue à 703USD la tonne, à comparer avec 51% à 750USD la tonne. Les perspectives à long terme restent très positives pour l'huile de palme. La consommation d'huiles végétales a plus que doublé ces vingt dernières années, passant de 93,1millions de tonnes en 1995 à 201,7millions de tonnes en 2015. La part de l'huile de palme a progressé de 16 à 30%, ce qui implique un quadruplement de la consommation sur cette période. La part du soja est passée de 21 à 23%, celle du colza de 11 à 13%. Vu la pénurie de terres agricoles, l'huile de palme présente l'énorme avantage d'une productivité à l'hectare (ha) nettement supérieure: 3,62tonnes par ha, contre 0,8tonne par ha pour le colza et 0,3tonne par ha pour le soja. Du reste, l'huile de palme nécessite beaucoup moins d'énergie, d'engrais et de pesticides, et les terres disponibles, au contraire du soja en Amérique du Nord et du Sud, n'entrent pas en concurrence avec les céréales. Aussi, et c'est un élément crucial, l'huile de palme présente-t-elle le potentiel haussier le plus élevé en termes d'amélioration du rendement (productivité par ha). Comme le cycle de vie des palmiers se monte à 25ans, il faut plus de temps avant que de nouvelles semences influent sur les chiffres de production. Sipef atteint déjà un rendement à l'hectare de plus de 5tonnes, et même de plus de 6tonnes en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG). Fin 2015, le groupe disposait de 55.935ha, dont 75% en Indonésie et 24% en PNG, avec 82% d'huile de palme, 14% de caoutchouc, 3% de thé et 1% de bananes. La superficie plantée augmentera à 71.400ha au cours de la décennie à venir, surtout grâce à l'extension de Musi Rawas (Sumatra du Sud) à 18.475ha (2523ha plantés fin 2015). En outre, Sipef espère obtenir environ 15.000ha supplémentaires par le biais du rachat des parts d'actionnaires minoritaires dans ses propres plantations. ConclusionSipef s'échange à seulement 8800USD l'hectare planté. C'est très peu en comparaison avec des transactions récentes où l'hectare se négociait entre 13.000 et 15.000USD. De plus, nous pensons que les bénéfices de l'entreprise ont atteint un plancher sur plusieurs années, et les perspectives à long terme restent très positives. Nous voyons dès lors Sipef comme une valeur de portefeuille sûre pour les années à venir.Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating : 1B