En abordant le cas Cosan, nous nous retrouvons dans le pays de la samba et de la Coupe du monde de football. Car le Brésil est également le plus grand producteur de sucre au monde, même s'il le produit à partir de canne à sucre et non de betteraves sucrières comme dans nos contrées. L'histoire de Cosan est brève, mais spectaculaire. Tant en termes de croissance que de diversification. Cosan semble être une entreprise qui se réinvente constamment. Rares sont les années depuis le début du siècle qui n'ont pas été marquées par une information importante concernant le développement de ses activités. Cosan est née en 2000 comme exploitant de plantations de canne à sucre, qu'elle transformait ensuite en sucre et en éthanol (biocarburant). Au premier trimestre 2014, ces activités, hébergées...

En abordant le cas Cosan, nous nous retrouvons dans le pays de la samba et de la Coupe du monde de football. Car le Brésil est également le plus grand producteur de sucre au monde, même s'il le produit à partir de canne à sucre et non de betteraves sucrières comme dans nos contrées. L'histoire de Cosan est brève, mais spectaculaire. Tant en termes de croissance que de diversification. Cosan semble être une entreprise qui se réinvente constamment. Rares sont les années depuis le début du siècle qui n'ont pas été marquées par une information importante concernant le développement de ses activités. Cosan est née en 2000 comme exploitant de plantations de canne à sucre, qu'elle transformait ensuite en sucre et en éthanol (biocarburant). Au premier trimestre 2014, ces activités, hébergées dans la division Raizen Energia (sucre + éthanol), représentaient encore 21% des cash-flows opérationnels (EBITDA) du groupe. Mais depuis l'introduction en Bourse (IPO) à New York (ticker CZZ) en 2005 surtout, le développement du groupe Cosan s'est nettement accéléré. L'acquisition de loin la plus importante (en 2012) et le plus grand contributeur à l'EBITDA du groupe (33% au 1er trimestre) est Comgas. Comgas est le plus grand opérateur du marché du gaz naturel au Brésil, et dessert plus de 1,1 million de ménages dans une région qui produit 27% du PIB du pays. Le contrat de concession court sur 30 ans et peut encore être prolongé de 20 ans. Une autre division importante (24% de l'EBITDA du groupe) est Raizen Combustiveis, qui comprend un réseau de distribution de quelque 4700 stations-service Shell. La division est en outre active sur, notamment, 54 aéroports et associée à 800 boutiques. La participation dans Radar, une société qui s'occupe du développement de terres agricoles, est plus secondaire (5% de l'EBITDA du groupe). Radar dispose de 530.000 acres (environ 215.000 hectares) de terres agricoles, répartis sur 550 propriétés. Signalons encore que Cosan, par l'intermédiaire de la division Cosan Lubricants, est également le distributeur des lubrifiants Mobil au Brésil, mais aussi dans plusieurs autres pays. La diversification au sein de la chaîne de valeur autour du sucre va encore plus loin avec la division Rumo (9% de l'EBITDA du groupe). Rumo comprend deux terminaux portuaires pour l'exportation de sucre et d'autres produits en vrac, en plus d'assurer le transport du sucre des sites de broyage vers les ports des autres unités de transformation. Entre 2000 et 2013, le chiffre d'affaires (CA) net du groupe est passé de 0,5 à 36,2 milliards de reals brésiliens (BRL) et l'EBITDA a progressé de 183 millions à 4 milliards BRL entre 2008 et l'an dernier. Aujourd'hui, nous pouvons affirmer que 79% de l'EBITDA du groupe provient des cash-flows plutôt stables, préservés des énormes fluctuations du cours du sucre, par exemple. Un élément crucial pour un investisseur potentiel. Cosan est en fait bien plus avancée que le groupe allemand Suedzucker, d'autant que les Brésiliens ne sont pas soumis aux caprices de la politique agricole européenne. De plus, le conseil d'administration a annoncé en février la scission des activités en deux cotations distinctes au Brésil : Cosan Energia et Cosan Logistica. L'opération ne change rien pour celle cotée sur le NYSE qui détiendra une participation de 62,3% dans les deux entreprises, mais elle pourrait accroître la valeur sous-jacente des sociétés. à 12 fois le bénéfice attendu, un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (EBITDA) de 6 et un rapport cours/valeur comptable attendu de 1,1, cette valeur de croissance n'est pas chère.ConclusionLa combinaison de la crise des pays émergents (Brésil) et de la baisse des prix du sucre et de l'énergie a lourdement pesé sur cette action de croissance ces douze derniers mois. Une belle opportunité pour l'investisseur de long terme. D'où son intégration dans la check-list et la Sélection.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B