Les prix agricoles et actions du secteur suivent une orientation baissière depuis près de cinq années déjà. Pour l'heure, le phénomène climatique El Nino n'a pas encore pu changer la donne fondamentalement. À l'évidence, le "courant de l'enfant Jésus" (le surnom que les pêcheurs péruviens lui ont attribué du fait qu'il survient généralement aux environs de Noël) est de retour. Ses retombées sont de plus en plus notables. Tant en Amérique Latine qu'en Asie et en Australie.
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Les prix agricoles et actions du secteur suivent une orientation baissière depuis près de cinq années déjà. Pour l'heure, le phénomène climatique El Nino n'a pas encore pu changer la donne fondamentalement. À l'évidence, le "courant de l'enfant Jésus" (le surnom que les pêcheurs péruviens lui ont attribué du fait qu'il survient généralement aux environs de Noël) est de retour. Ses retombées sont de plus en plus notables. Tant en Amérique Latine qu'en Asie et en Australie. Selon l'Australia Bureau of Meteorology, El Niño pourrait du reste être l'un des trois phénomènes les plus violents depuis le début de la prise de mesures en 1950. Il survient lorsque les alizés se heurtent à un vent d'ouest puissant, qui bloque les eaux de surface chaudes près de l'Amérique Latine et cause sécheresse en Asie et fortes précipitations en Amérique Latine. L'impact négatif du phénomène est manifeste sur leurs récoltes (futures). Jusqu'ici, les effets de ce phénomène sur les prix avaient été atténués principalement par les réserves abondantes de céréales (maïs, blé, soja). Seules les réserves d'huile de palme sont inférieures, au niveau international, à leur niveau de 2010. C'est sur son prix que le phénomène a la plus grande incidence: depuis début 2016, le prix de l'huile de palme a déjà progressé d'un quart.La formation de plancher pour la plupart des matières premières agricoles dure plus longtemps que prévu, ou leur redressement est moins prononcé que prévu. Partant, une consolidation du secteur est inévitable. Nous avons pu en tirer profit au travers de l'offre du groupe chinois ChemChina sur le champion de la protection phytosanitaire Syngenta, dont la position que nous détenions en portefeuille a pu être cédée avec une plus-value de quelque 30%. Sans compter la tentative de fusion entre Dow Chemical et Du Pont, et la saga autour de Bayer et Monsanto.Pour autant, d'autres choses se préparent dans le secteur des engrais. L'an dernier, Potash Corporation avait déjà tenté de faire main basse sur son concurrent allemand K+S, sans succès cependant. La semaine dernière, la rumeur courait que des négociations de fusion avec le groupe canadien Agrium avaient commencé (lire également le Portefeuille en pages 2-3). Il faut sans doute y voir le début des festivités... Pour l'heure, l'incidence est limitée sur l'évolution de cours de Tessenderlo Group. Moins déjà sur le nouveau-venu CF Industries. Ces dernières années, ce groupe américain a tenté à plusieurs reprises de fusionner ou de réaliser une acquisition. En vain. Mais une nouvelle opération n'est certainement pas à exclure. Dans le secteur des plantations également, le vent souffle. Sipef, avec le soutien d'Ackermans& vanHaaren, jouerait bien un rôle dans la consolidation. Contrairement à ce qui prévalait ces dernières années, le secteur agricole pourrait se révéler rentable dans les six à douze prochains mois.