Solvay entend se profiler à terme comme le leader mondial des spécialités chimiques. Pour ce faire, il a commencé par acquérir, en 2011, le français Rhodia. Cytec a suivi en 2015, au prix fort de 5 milliards d'euros. Cette opération a été en partie financée par une augmentation de capital de 1,5 milliard d'euros, laquelle a été entièrement souscrite par l'actionnaire de référence Solvac, qui conserve ses 30,71% de participation. Solvay s'est par aille...

Solvay entend se profiler à terme comme le leader mondial des spécialités chimiques. Pour ce faire, il a commencé par acquérir, en 2011, le français Rhodia. Cytec a suivi en 2015, au prix fort de 5 milliards d'euros. Cette opération a été en partie financée par une augmentation de capital de 1,5 milliard d'euros, laquelle a été entièrement souscrite par l'actionnaire de référence Solvac, qui conserve ses 30,71% de participation. Solvay s'est par ailleurs défait de nombreuses activités ces dernières années. La vente de la division Polyamides à BASF, pour 1,6 milliard d'euros, a été annoncée en septembre 2017; elle devrait s'achever fin 2018. L'endettement net, de 5,3 milliards d'euros fin mars, tombera alors à 4,2 milliards, soit un niveau acceptable de 1,9 fois les cash-flows opérationnels escomptés (Ebitda) pour 2018. De quoi financer d'autres acquisitions, car la transformation n'a pas encore permis d'améliorer nettement les marges bénéficiaires. En 2014, la marge de Rebidta (cash-flows opérationnels hors éléments exceptionnels/chiffre d'affaires) s'établissait à 21,4%; en 2015, elle avait baissé à 19,1%, pour passer à 20,2% l'année suivante. L'an dernier, le Rebitda a progressé de 7,5%, à 2,48 milliards d'euros, et la marge de Rebitda a atteint 20,8%. Pour 2018, la croissance du Rebitda devrait être limitée à 5-7%. Au 1er trimestre, le chiffre d'affaires a cédé 3,2%, à 2,49 milliards d'euros, et le Rebitda, 2,6%, à 533 millions. L'affaiblissement du dollar a pesé à raison de 43 millions d'euros. La marge de Rebitda est passée de 21,3 à 21,4%. La division Advanced Materials enregistre un Rebitda de 288 millions d'euros (-1,3%). La demande de polymères à haute valeur ajoutée a engendré un accroissement de 6% des volumes. Le Rebitda du pôle Advanced Formulations a reculé de 7%, à 118 millions (marge de Rebitda de 17,1 à 16,2%). Les volumes ont progressé de 8% grâce à la demande soutenue des Etats-Unis. Le Rebitda de Performance Chemicals s'est contracté de 8,3%, à 177 millions (marge de Rebitda de 27,5 à 26,3%). A 12,5 fois le bénéfice et 7,8 fois l'Ebitda escomptés pour 2018, la valorisation du titre est conforme à la moyenne du secteur européen. La conjoncture ayant dépassé son sommet, nous continuons à conseiller de conserver (2B).